"Il nous faudrait au moins six mois de formation spécifique" : les infirmières et infirmiers en réanimation en grève pour plus de reconnaissance

Les infirmières et infirmiers en réanimation se rassemblent mardi un peu partout en France à l'appel de plusieurs syndicats pour une formation spécifique, une meilleure reconnaissance et une revalorisation salariale pour leur profession, mise en lumière par la pandémie de Covid-19.

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Radio France
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Le service de réanimation du Centre hospitalier Annecy-Genevois, en Haute-Savoie le 13 novembre 2020. (Illustration) (RICHARD VIVION / RADIO FRANCE)

La spécificité de leur profession a été mise en lumière par la pandémie de Covid-19 et ils appellent désormais à être mieux reconnus. Partout en France, les infirmières et infirmiers en réanimation se rassemblent mardi 11 mai à l'appel de la CGT Santé et de deux syndicats d'infirmiers pour réclamer une formation spécifique, une meilleure reconnaissance et une revalorisation salariale.

À Lyon, franceinfo a rencontré trois d'entre eux qui travaillent en réanimation dans divers hôpitaux et qui doivent manipuler des appareils de plus en plus complexes.

Le patient parfois mis en danger

"Cela fait douze ans que je travaille en réanimation et on a des machines de plus en plus perfectionnées, confirme Élodie Blessemaille, en poste à Édouard-Herriot. Le souci, c'est que notre formation ne suit pas. Si vous n'avez pas les bons réflexes, oui, il y a une perte de temps. Il y a potentiellement une mise en danger du patient." "Il nous faudrait au moins six mois de formation spécifique, estime de son côté Nathan, stagiaire à la Croix-Rousse. Comme en Belgique ou en Suisse." "En Suisse, les soins intensifs sont une spécialité, poursuit-il. C'est deux ans supplémentaires, en alternance avec la pratique clinique."

"En France, il n'y a rien. Il faut se former de notre côté, il n'y a pas de financement, il n'y a rien d'institutionnel et encore moins de national."

Nathan

à franceinfo

Avec 1 500 euros net pour un débutant, le métier n'attire plus. "La réanimation était auparavant très prisée et il y avait des listes d'attente pour venir y travailler, rappelle Benjamin Berté, délégué CGT à Lyon-Sud. On pouvait faire carrière en réanimation. Aujourd'hui, ce n'est plus du tout à être attractif : les gens n'y restent que trois, quatre ans. Le turn-over est tel que la perte de compétences derrière est immense et du coup, délétère pour les patients." Le malaise est ancien, ajoute-t-il. Le Covid-19 l'a juste exacerbé.

Paroles d'infirmières et infirmiers en réa, au micro de Christophe Vincent
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