Départ de Martin Hirsch de l'AP-HP : "On pourrait dire que le capitaine quitte le navire après l'avoir sabordé", accuse l'Usap-CGT

"Il est entré dans la gestion économique de l'hôpital et il en a fait un hôpital-entreprise", dénonce le syndicat qui accuse Martin Hirsch, démissionnaire de son poste de directeur général de l'AP-HP, d'être responsable de la casse de l'hôpital public.

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Radio France
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Le directeur général de l'AP-HP Martin Hirsh (D) accompagne le ministre de la Santé, Olivier Véran (G), le 4 octobre 2021 à l'hôpital Hôtel-Dieu à Paris. (THOMAS PADILLA / MAXPPP)

"On pourrait dire que le capitaine quitte le navire après l'avoir sabordé", réagit vendredi 17 juin sur franceinfo Olivier Cammas, responsable de l'Union Syndicale CGT de l'Assistance Publique (Usap-CGT) au sein de l'AP-HP après l'annonce de Martin Hirsch qui a décidé de quitter ses fonctions à la direction de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris. "Martin Hirsch a été à la tête de l'AP-HP pendant huit ans, il est donc lui aussi un des fossoyeurs de l'hôpital public à travers les réformes qu'il a faites", dénonce le syndicaliste.

franceinfo : Est-ce que vous êtes surpris par ce départ ?

Olivier Cammas : Les directeurs passent et l'hôpital public trépasse. On n'est pas trop surpris. C'est la teneur de sa lettre. Martin Hirsch a été à la tête de l'AP-HP pendant huit ans, il est donc lui aussi un des fossoyeurs de l'hôpital public à travers les réformes qu'il a faites. Il a dérèglementé le temps de travail, il a cassé un modèle social important qui était celui de l'AP-HP, il a aussi mis en place des fermetures de lits qui ont manqué cruellement pendant la pandémie. Je rappelle la liste des projets de Martin Hirsch : la fermeture des hôpitaux Bichat et Beaujon pour former un seul établissement avec 400 lits et 1 000 emplois en moins. Concernant l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches, c'est le projet de fermeture d'un hôpital d'excellence sur le handicap. C'est le démantèlement de l'hôpital Hôtel-Dieu en plein coeur de Paris.

"Il a appliqué la politique de casse du gouvernement Macron - qui a pour objectif de sabrer l'hôpital public - et de celui de François Hollande avant." 

Olivier Cammas, responsable de l'Usap-CGT au sein de l'AP-HP

à franceinfo

Quelles sont les responsabilités de Martin Hirsch aujourd'hui dans la situation de l'hôpital public ?

Elles sont énormes. Comme haut-fonctionnaire, il a géré des choses qui étaient ingérables. Il aurait dû démissionner il y a maintenant trois ans de cela, quand il y a eu la crise hospitalière et les mouvements sociaux de l'époque. Il n'a pas poussé de cri d'alarme, il a continué. Il a continué sa politique de sape et de sabordage de l'AP-HP. On pourrait dire que le capitaine quitte le navire après l'avoir sabordé.

"Il a préparé l'éclatement de l'AP-HP et maintenant il nous fait croire qu'il n'a pas eu les moyens d'exercer."

Olivier Cammas

à franceinfo

Quand monsieur Hirsch sur France Inter dit qu'il ferme la Collégiale [hôpital La Collégiale, à Paris] parce qu'il n'y aurait pas de toilettes dans les chambres, parce que l'hôpital ne serait pas en conformité, il ment et on a démenti via communiqué et vidéo ce qu'il a dit. Il ferme des hôpitaux publics et des services de gériatrie alors qu'on a tous entendu le scandale Orpea quand ça se passe dans le privé.

Martin Hirsch explique dans sa lettre qu'il n'a pas pu s'engager à bâtir un modèle hospitalier différent de ce qu'il était avant la pandémie, est-ce que selon vous il a essayé de bâtir un nouveau modèle ?

Il est entré dans la gestion économique de l'hôpital et il en a fait un hôpital-entreprise. Quand il a regroupé massivement des hôpitaux dans des gros centres hospitaliers-universitaires en réduisant les coûts et les moyens, en liquidant les agents hospitaliers par exemple dans les services dédiés à l'hygiène ça a été préjudiciable pendant la pandémie. Il n'a pas développé le service public donc on ne peut pas dire qu'il a un autre modèle. Le modèle qu'il prône c'est celui qu'il est en train de faire et donc c'est casser l'hôpital public.

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