Faute de cobaye, un scientifique se fait implanter des électrodes pour étudier son propre cerveau

Selon Slate, qui relate cette histoire parue dans la "MIT Technology Review", Philip Kennedy s'est fait opérer à deux reprises pour mener à bien son expérience. 

Philip Kennedy a étudié son propre cerveau en se faisant implanter des électrodes en 2014. (Photo d\'illustration)
Philip Kennedy a étudié son propre cerveau en se faisant implanter des électrodes en 2014. (Photo d'illustration) (GERI LAVROV / FLICKR RF / GETTY IMAGES)

On n'est jamais mieux servi que par soi-même. Le neurologue américain Philip Kennedy cherchait désespérément à étudier le cerveau d'une personne atteinte de la maladie de Charcot, une maladie neurodégénérative incurable. Ne trouvant personne pour se plier à son expérience, et n'ayant par ailleurs pas obtenu l'aval de la Food and Drug Administration pour la réaliser, il a décidé de la mener sur lui-même, relate Slate.fr, mercredi 11 novembre. 

Selon le site, qui cite un article de la MIT Technology Review, "il cherche à créer un décodeur de langage, un logiciel qui permettrait de traduire des signaux neuronaux en mots audibles".

Il se réveille incapable de parler

Opéré une première fois en 2014 au Bélize après avoir pris soin, au cas où, de rédiger son testament, le scientifique de 67 ans se réveille incapable de parler. "L'augmentation de sa tension artérielle avait causé un gonflement du cerveau et une paralysie temporaire, des symptômes qui n'ont pas effrayé Kennedy, dans la mesure où il était au courant de ces effets secondaires", écrit Slate. Puis vient une seconde opération, à partir de laquelle il peut enfin commencer à s'étudier grâce aux électrodes récemment placées sur son cerveau. 

"Il a enregistré ses propres signaux neurologiques alors qu'il répétait plusieurs sons et mots, explique le site. Il a trouvé que certains neurones s'activaient lorsqu'il disait certains mots ou imaginait dire certains mots." 

Contraint de se faire enlever ces implants ('l'incision dans son crâne n'a jamais vraiment guéri", explique Slate), il dispose cependant d'assez de données pour mener son projet "pendant plusieurs années".