Et si les ados étaient plus sains qu'on ne le pensait ?

Un ado français entre 11 et 15 ans peut aussi manger des fruits et des légumes, faire du sport et même des régimes, selon une enquête internationale publiée mardi.

\"La vision négative du corps concerne surtout les filles\", souligne l\'enquête Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) publiée le 4 septembre 2012.
"La vision négative du corps concerne surtout les filles", souligne l'enquête Health Behaviour in School-aged Children (HBSC) publiée le 4 septembre 2012. (PURESTOCK / SIPA)

SOCIETE - Les cheveux gras, le visage boutonneux et la voix qui oscille entre le grave et l'aigu : non, un ado ne se résume pas à cela. Manger des fruits et des légumes, faire du sport, et même des régimes, quand on a entre 11 et 15 ans dans les années 2010 en France, c'est possible, selon l'enquête internationale Health Behaviour in School-aged Children (HBSC). Menée par des chercheurs de l'Organisation mondiale de la santé et publiée mardi 4 septembre, elle est financée par l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes).

Peu actifs mais plutôt sportifs

Les ados français ne sont pas les champions de l'activité sportive au quotidien, mais ils sont nombreux à faire du sport. Selon l'enquête HBSC, 63,5% des collégiens pratiquent "un sport régulièrement" en dehors de l'école, c'est-à-dire quotidiennement ou plusieurs fois par semaine. En moyenne, ils pratiquent une heure d'activité physique 3,6 jours par semaine. C'est trop peu au regard des recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS), qui prône le fameux "Manger bouger" et une heure d'activité physique par jour, cinq ou six jours par semaine.

Mais selon les conclusions de l'enquête, les jeunes Français ne sont pas non plus des ados amorphes sur leurs canapés en train de manger des chips et de boire des sodas. Ils peuvent "tout aussi bien avoir une activité physique régulière voire sportive intensive et des activités sédentaires", résume l'étude. Et les garçons sont cités en exemple : "Les plus grand utilisateurs de jeux vidéo et d'ordinateurs sont aussi les sportifs les plus assidus".

Les ados se mettent aux fruits et aux légumes

"Cinq fruits et légumes par jour" : le message est martelé depuis 2001 via le PNNS, et produit les effets désirés chez les ados. "On observe une augmentation de la consommation quotidienne des fruits (39% contre 31%) et légumes (45% contre 42%) chez les adolescents entre 2006 et 2010", relève l'étude. Dans le même temps, la consommation de sucreries a baissé chez les ados : elle est passée de 28% en 2006 à 24% en 2010, selon l'étude HBSC. 

Ces habitudes alimentaires divergent selon le sexe. "41% des collégiennes (vs 37% des garçons) déclarent manger au moins une fois par jour des fruits et 47% d'entre elles consommer au moins une fois par jour des légumes (vs 41% des garçons)", précisent les chercheurs. "Ainsi, les filles ont généralement de meilleurs habitudes alimentaires et font plus attention à ce qu'elles mangent", résume l'enquête.

Près d'un quart des ados s'estiment un peu trop gros

Pourtant, malgré ces habitudes quotidiennes plus saines, certains adolescents ont des difficultés à accepter leur corps. Si 58% d'entre eux pensent être à peu près au bon poids, un tiers déclare faire un régime ou en avoir besoin, d'après l'enquête HBSC. Paradoxalement, parmi eux, 23% ont déclaré un poids normal ou insuffisant. Une tendance qui se retrouve dans les autres pays sondés (37 autres Etats d'Europe, le Canada et les Etats-Unis), précise l'étude.

Qu'en est-il réellement ? La puberté, synonyme de changements physiques, est un miroir déformant pour les ados, si l'on en croit la suite de l'étude. Les calculs des chercheurs entre le poids et la taille des ados interrogés montrent que 5% d'entre eux sont en insuffisance pondérale et 11% en surpoids. "La vision négative du corps concerne surtout les filles", souligne l'enquête HBSC. Pourtant, elles ont une corpulence "normale", voire ;"insuffisante", affirment les chercheurs. Néanmoins, 31% d'entre elles se trouvent un peu ou beaucoup trop grosses, contre 15,5% des garçons. Et dans ce cas, elles font attention à ce qu'elles mettent dans leurs assiettes : ce constat complète le volet de l'étude HBSC sur les habitudes alimentaires des jeunes filles.

Mais ces trois aspects de l'étude ne concernent que le rapport des ados avec leur corps. L'enquête HBSC s'intéresse aussi à la consommation de tabac, d'alcool, de cannabis et d'autres drogues illicites, des usages qui apparaissent au collège. Ainsi, un élève sur six fume des cigarettes quotidiennement en troisième, sept collégiens sur dix ont déjà bu de l'alcool et un sur six a connu une ivresse alcoolique, ce qui situe la France parmi les pays les plus concernés d'Europe. 

 

L'enquête HBSC - France a été réalisée entre le 22 avril et le 22 juin 2010. 11 638 élèves de 11 à 15 ans scolarisés en France métropolitaine, dans 568 classes  du CM2 à la première année de lycée dans 347 établissements publics et privés sous contrat, ont rempli un auto-questionnaire sous la responsabilité d'un enquêteur, d'un infirmier(e) ou d'un médecin scolaire. Les établissements, puis les classes, ont été tirés au sort.