Epidémie de bronchiolite : "On espère que ce ne sera pas plus grave", déclare un pédiatre

Christophe Batard, membre de l'Association française de pédiatrie ambulatoire, s'inquiète sur franceinfo du nombre croissant de bronchiolites chez les plus jeunes. Leur immunité collective est particulièrement basse après les confinements et donc une exposition plus faible que d'habitude aux virus.

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Radio France
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Une séance de massage thoracique chez un kinésithérapeute pour un nourrisson atteint d'une bronchiolite. (CHRISTIAN LANTENOIS / MAXPPP)

"On voit depuis quelques semaines une augmentation très rapide du nombre de consultations, de demandes d'urgence dans nos cabinets", déclare mercredi 13 octobre sur franceinfo le docteur Christophe Batard, membre de l'Association française de pédiatrie ambulatoire. La gastroentérite, la varicelle, et certaines bactéries sont de retour, mais c'est surtout la bronchiolite qui inquiète les pédiatres1 278 enfants de moins de 2 ans sont passés aux urgences à cause d'une bronchiolite entre le 27 septembre et le 3 octobre. En Île-de-France, les services de réanimation pédiatrique sont saturés. "Pendant toute cette période de confinement, les enfants ont été beaucoup moins malades. Il y a probablement eu une dette immunitaire. On espère que ce ne sera pas plus grave."

franceinfo : Vous constatez le début d'une vague de bronchiolite ?

Christophe Batard : On le voit dans nos cabinets depuis quelques semaines, avec une augmentation très rapide du nombre de consultations, de demandes d'urgence, que ce soit dans nos cabinets ou même aux urgences hospitalières. On s'aperçoit qu'il y a probablement eu une dette immunitaire, une non exposition ou un retard d'exposition aux microbes pendant le Covid. Tous les pays ont observé une baisse de l'incidence des infections pédiatriques, que ce soit des hospitalisations, des consultations ou de l'activité des cabinets libéraux. Pendant toute cette période de confinement, les enfants ont été beaucoup moins malades. Et donc, comme chaque enfant, nourrisson en tout cas, est quasiment obligé de passer par une immunisation de plein de virus, que ce soit le virus respiratoire syncytial, responsable des bronchiolites, mais aussi les virus de la gastroentérite, de la varicelle, et des bactéries aussi... On craint que cette année soit compliquée à gérer d'un point de vue pratique pour gérer cet afflux de consultations.

La bronchiolite, potentiellement déjà grave, peut-elle être encore plus grave pour certains nourrissons à cause de cette baisse d'immunité ?

On dit qu'il vaut quand même mieux être immunisé dans les premiers mois de vie plutôt que dès les premières semaines. On préfère que les tout petits enfants ne soient pas trop malades. Et donc, on n'imagine pas que ça puisse être plus grave parce que les enfants auraient été moins sensibilisés. En tout cas, on espère que ce ne sera pas plus grave.

Quels conseils pouvez-vous donner aujourd'hui aux parents alors que d'autres virus reviennent également ?

C'est la collectivité qui favorise énormément ce brassage de virus respiratoires. Quand on va en crèche, on sait qu'on est plus malade que quand on est gardé à la maison par un parent ou par une assistante maternelle. Les conseils restent les mêmes. Ça reste les mesures barrières : continuer à porter le masque, à se laver les mains, changer ses vêtements quand les enfants nous ont toussé dessus pour éviter de les recontaminer ou d'en contaminer d'autres. Voilà, c'est un peu toujours la même chose. Toutes ces mesures barrière qu'on a apprises pendant le Covid restent valables pour toutes les transmissions aéroportées par les micro gouttelettes.

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