Pollution en Corse : "C'est indispensable de frapper un grand coup", estime Corinne Lepage

Selon l'ancienne ministre de l'Environnement et présidente du parti Cap Ecologie, les sanctions pour un dégazage sauvage peuvent aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement et quinze millions d'euros d'amende.

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Radio France
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Le plan Polmar terre est activé à l’est de la Corse, samedi 12 juin. Des nappes d’hydrocarbures d’une longueur de 35 km dérivent près des côtes et menacent les plages. (FRANCE 2)

"C'est absolument indispensable de frapper un grand coup, parce que c'est intolérable, c'est volontaire", dit ce samedi 12 juin sur franceinfo Corinne Lepage, avocate, ancienne ministre de l'Environnement et présidente du parti Cap Ecologie. Elle réagit alors que la côte est de la Corse, au large de la commune de Solenzara, est menacée de pollution aux hydrocarbures. Plusieurs nappes sont actuellement en mer, sans doutes dues au dégazage illégal d'un navire.

Barbara Pompili a promis des sanctions. Est-ce qu'on punit facilement les auteurs de ces pollutions en mer ?

Les sanctions peuvent aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement et quinze millions d'euros d'amende, c'est très sévère. Sauf que bien entendu, il faut pouvoir poursuivre. Toute la difficulté est là. Les hydrocarbures laissent des traces qui sont repérables donc on peut savoir de quel bateau ça vient. Ensuite il faut savoir si ça vient d'un bateau français ou d'un bateau étranger, parce que si c'est un bateau étranger, il peut y avoir la possibilité qu'il soit poursuivi ailleurs que chez nous et donc qu'il ne soit pas soumis aux règles que je viens d'indiquer. Ceci étant, si les côtes venaient à être touchées, il y aurait une compétence nationale qui s'appliquerait. Si c'est l'eau, que ça reste éloigné des côtes et que le bateau n'est pas français, le capitaine et l'armateur peuvent essayer de s'exonérer de leurs responsabilités en se faisant juger ailleurs. Si les côtes sont touchées, c'est absolument impossible. Ce que l'on a gagné à l'époque de l'Erika. Mais ça ne veut pas dire que si ça ne vient pas sur les côtes, ils ne pourront pas être sanctionnés.

En pratique, est-ce que les condamnations sont nombreuses ?

Jusqu'ici, il n'y a quasiment pas eu de dégazages en Méditerranée, heureusement parce que c'est une mer fermée. Par contre, sur la côte atlantique et sur la Manche, le tribunal des affaires maritimes de Brest a remarquablement travaillé, les sanctions ont été extrêmement sévères, les bateaux généralement ont été trouvés et les dégazages ont considérablement diminués.

Pourquoi ces navires pratiquent-ils ces dégazages volontaires ?

Pas vus, pas pris. Parce que ça coûte cher d'aller se faire nettoyer dans un port, donc c'est toujours le profit, le profit, le profit ! J'ai aussi cru comprendre que c'était un fioul extrêmement lourd, comme celui de l'Erika. Si c'est un fioul lourd, il faut comprendre que c'est comme du goudron qu'on aurait réchauffé. C'est particulièrement dégoutant. C'est absolument indispensable de frapper un grand coup, parce que c'est intolérable, c'est volontaire.

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