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Perturbateurs endocriniens : un "effet cocktail" chez les femmes enceintes avec des conséquences pour l'enfant, selon une étude

Une étude internationale révèle vendredi que les perturbateurs endocriniens peuvent avoir un effet combiné chez les femmes enceintes et provoquer des retards de langage et du développement intellectuel chez l'enfant. 

Article rédigé par franceinfo
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Une femme enceinte, le 29 juillet 2018 à Reims (Marne). (REMI WAFFLART / MAXPPP)

Une étude internationale publiée vendredi 18 février démontre une corrélation entre l'exposition à des perturbateurs endocriniens pendant la grossesse et un retard de langage chez l'enfant. Cette étude a été menée en Suède de façon expérimentale sur 1 800 femmes enceintes et leurs enfants après l'accouchement. Les scientifiques, parmi lesquels une équipe du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et du muséum national d'histoire naturelle, ont observé l'exposition des futures mères à un mélange de huit perturbateurs endocriniens, composé de phtalates, bisphénol A et composés perfluorés. Ils ont pour cela réalisé des prélèvements de sang et d'urine pendant les grossesses.

Cette étude permet de démontrer un "effet cocktail" des perturbateurs endocriniens, là où de précédentes études étudiaient leurs effets séparément. "Si les niveaux d'exposition aux produits chimiques pris individuellement sont souvent inférieurs aux valeurs limites autorisées, cela n'implique pas une absence de conséquences à long terme, d'autant que femmes et hommes sont constamment exposés à des mélanges complexes de produits chimiques", écrivent les auteurs de l'étude.

Après la naissance, le développement des enfants a été étudié sur plusieurs années. L'étude "a permis de corréler des effets sur des enfants de 30 mois ayant connu une exposition aux produits chimiques", précisent les chercheurs dans un communiqué, avec un retard de langage et un quotient intellectuel plus faible chez ceux dont les mères ont été les plus exposées à ces perturbateurs endocriniens. Selon les auteurs de l'étude, 54% des enfants suivis dans l'étude avaient un risque de retard du langage car ils avaient été exposés avant la naissance à ce mélange de substances chimiques.

Une perturbation du système thyroïdien

Les scientifiques ont pu comprendre les mécanismes qui provoquent ces troubles du développement de l'enfant en recréant une combinaison de perturbateurs endocriniens en laboratoire, afin de tester son effet sur des cultures de cellule et sur des animaux. Ils ont pu constater que ces perturbateurs endocriniens influent notamment sur le système thyroïdien chez la future mère, qui joue un rôle essentiel en début de grossesse sur le développement du cerveau du bébé.

Les chercheurs appellent donc les pays à ne plus fixer de seuils limites d'exposition pour chaque composé chimique pris séparément, mais à prendre en compte les effets du mélange de ces perturbateurs endocriniens qui sont présents au quotidien, par exemple dans les cosmétiques, vêtements, peintures ou encore ustensiles de cuisine.

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