Le Pérou déclare une "urgence environnementale" après la marée noire sur ses côtes

Les 6 000 barils de pétrole brut qui se sont déversés la semaine dernière ont déjà pollué une vingtaine de plages et provoqué la mort d'espèces marines tandis que les effets économiques potentiels sont préoccupants, privant notamment les pêcheurs de toute activité.

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Des opérations de nettoyage, le 22 janvier 2022 à Ancon (Pérou). (CARLOS REYES / AFP)

Branle-bas de combat. Le gouvernement péruvien a annoncé, samedi 22 janvier, une "urgence environnementale" de 90 jours pour la zone côtière endommagée par le déversement de 6 000 barils de pétrole brut il y a une semaine, une marée noire qui continue de s'étendre et désespère les habitants. Grâce à cette mesure, les autorités prévoient une "gestion durable des zones touchées", avec des "travaux de récupération et d'assainissement" pour atténuer les conséquences de cette catastrophe.

Les côtes péruviennes au nord de Lima ont été souillées par du pétrole qui s'est répandu en mer lors d'un déchargement de pétrole brut d'un tanker à la raffinerie de La Pampilla, propriété de la compagnie espagnole Repsol, dans la région de Lima. Selon la raffinerie, l'accident qui a eu lieu le 15 janvier a été provoqué par une violente houle, consécutive à l'éruption volcanique aux Tonga. Le tanker, le Mare Doricum battant pavillon italien, était chargé de 965 000 barils de pétrole brut.

L'entreprise minimise sa responsabilité

Pour le ministère de l'Environnement péruvien, la déclaration d'urgence est justifiée par le fait que la marée noire "constitue un événement soudain ayant un impact important sur l'écosystème marin côtier d'une grande diversité biologique" et représente un "risque élevé pour la santé publique". Cette déclaration précise que Repsol est chargée de mettre en œuvre le plan d'action immédiat et à court terme.

De son côté, Repsol estime ne pas devoir porter la responsabilité de cette catastrophe, pointant le fait que les autorités maritimes péruviennes n'avaient pas émis d'avertissement concernant les conséquences possibles de l'éruption aux Tonga. L'entreprise a néanmoins déployé des équipes et du matériel spécialisé pour lutter contre la pollution en mer et sur terre.

Selon les autorités péruviennes, la marée noire se déplace avec le courant marin en direction du Nord, ce qui met en péril la faune et la flore dans deux aires naturelles protégées, la réserve nationale du système des îles et îlots "sur environ 512 hectares" et la zone protégée d'Ancon "sur 1 758 hectares". Elle a déjà pollué 21 plages et provoqué la mort d'espèces marines tandis que ses effets économiques potentiels sont préoccupants, privant notamment les pêcheurs de toute activité et entraînant la désertion des touristes. Le Pérou a exigé mercredi des dédommagements de Repsol. Il a laissé dix jours au groupe pétrolier espagnol pour se conformer à toutes les actions de nettoyage et de décontamination.

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