Face à la pollution sonore, des oiseaux modifient leur chant et sont plus stressés

Selon une étude américaine menée sur des passereaux du Canada, ces derniers doivent chanter plus fort et sont soumis au stress, ce qui nuit à leur reproduction. 

Les scientifiques ont étudié les chants des moineaux de Savannah, dans leurs habitats de prairies du sud de l\'Alberta, près de Brooks, au Canada. 
Les scientifiques ont étudié les chants des moineaux de Savannah, dans leurs habitats de prairies du sud de l'Alberta, près de Brooks, au Canada.  (OSCAR DIEZ / BIOSPHOTO)
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La pollution sonore est nuisible pour l'homme, mais aussi pour les oiseaux. Selon une étude américaine publiée début janvier dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS) et relayée par plusieurs médias dimanche 28 janvier, certains volatiles modifient leur chant pour pouvoir communiquer malgré le bruit environnant. 

Comme l'explique la chercheuse Miya Warrington sur le site The Wire, les scientifiques ont étudié les chants des moineaux de Savannah, dans leur habitat de prairies du sud de l'Alberta, près de Brooks, au Canada. La région est connue pour ses infrastructures utilisées pour extraire du pétrole et du gaz naturel. Au total, 240 nichoirs ont été passés au crible.

Une vigilance accrue pour entendre les prédateurs

Les chercheurs ont pu observer que les oiseaux ajustaient leur chant de manière subtile et précise pour faire face à la pollution sonore produite par les machines. Ils doivent notamment chanter plus fort pour se faire entendre et communiquer avec leurs congénères. 

Les scientifiques ont aussi constaté une augmentation du stress chez ces oiseaux, qui doivent être plus vigilants pour entendre arriver d'éventuels prédateurs malgré le bruit. Un comportement qui nuit à la reproduction. "Chanter leur permet de marquer leur territoire et cela participe à la séduction", explique dans Le Parisien le président de la Ligue de protection des oiseaux. 

La pollution sonore a également des répercussions sur l’anatomie des oiseaux. Comme l'indique le site SciencePost, l’étude a démontré que les oisillons nés à proximité de ces zones bruyantes étaient de plus petite taille, avec des plumes moins grandes.