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"J'ai vu une montagne de décombres" : dans les Bouches-du-Rhône, les citoyens peuvent signaler les décharges sauvages

Dans le département, les décharges à ciel ouvert gâchent de plus en plus la carte postale. Pour lutter contre ce fléau, l'association France nature environnement a développé dans plusieurs régions de France une application "Sentinelles de la nature". Objectif : permettre aux citoyens de signaler les sites souillés.

Article rédigé par
Mathilde Vinceneux - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Une décharge sauvage sur une route de Gardanne (Bouches-du-Rhône). (MATHILDE VINCENEUX / RADIO FRANCE)

Lucien est dépité face à l'état de cette petite route de Gardanne (Bouches-du-Rhône), transformée en décharge à ciel ouvert. Avec ses trois voisins, il découvre les gravas, reconnaît "des portes, de la laine de verre, des tuyaux, un grand miroir...". La liste est longue, entre les bouteilles plastiques en tout genre et les briques. Pour lui, c'est sûr, tous ces déchets ne sont pas arrivés ici par hasard. "Ils proviennent probablement de petits artisans ou d'auto-entrepreneurs locaux qui ont trouvé là un moyen simple de se débarrasser de leurs matériaux, parce qu'en déchèterie, ils sont censés payer une taxe", explique l'habitant.

La déchèterie est située à 800 mètres à peine de cette petite route et pourtant, tout autour, les tas de gravas comme celui-ci se multiplient. "Je suis passé il y a 48 heures à 1,5 km d'ici et j'ai vu une montagne de décombres avec des plaques en fibre-ciment, pleines d'amiante."

Une application pour signaler les sites souillés

Pour en finir, ils ont fait appel à France nature environnement. Dans ses bureaux marseillais, l'association répertorie depuis peu les sites pollués dans la région sur une application nommée "Sentinelles de la nature". "Vous avez en orange les dégradations et en vert les initiatives favorables sur la région, montre du doigt Mathilde Goueffon, juriste France nature environnement Paca. Ici on a des versements irréguliers de déchets du BTP sur un site naturel, ici également des déchets du BTP... On voit que c'est déjà ce qui ressort le plus."

À chaque signalement, les citoyens sont invités à prendre des photos et à expliquer ce qu'ils ont vu, avant d'être aidés. "En tant qu'association, on va accompagner les citoyens en leur donnant des fiches-procédure, des courriers types, les bonnes personnes à alerter en appuyant éventuellement leur démarche si on voit que ça ne fonctionne pas", affirme la juriste. Dans les cas extrêmes, l'association saisit la justice : chaque année dans la région, elle dépose entre 20 et 30 plaintes.

Ces décharges sauvages qui gâchent la carte postale - Reportage de Mathilde Vinceneux
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