Algues aux Antilles : un "service public anti-sargasses" sera mis en place d'ici octobre

Cet opérateur unique sera chargé de coordonner les opérations de ramassage de ces bancs d'algue, qui posent des problème sanitaires et environnementaux.

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La pointe des Salines recouverte par des sargasses, le 9 juin 2019 au Gosier, en Guadeloupe. (JULIE SEBADELHA / HANS LUCAS / AFP)

Elles colorent de brun le sable blanc et posent des problèmes sanitaires. Le gouvernement a annoncé la création d'un "service public anti-sargasses", lundi 1er août, afin de coordonner le ramassage de ces nappes d'algues qui s'échouent sur les côtes des Antilles françaises. "Au 15 octobre 2022, il y aura dans chaque territoire un organisme unique pour gérer le sujet des sargasses", a annoncé le ministre chargé des Outre-mer, Jean-François Carenco, lors d'un point presse à Paris.

A Saint-Martin comme à Saint-Barthélemy, ce sont déjà les collectivités territoriales qui sont chargées de la gestion des sargasses, mais en Guadeloupe et à la Martinique, ce sont les communes qui s'occupent du ramassage. L'opérateur unique devra centraliser "les besoins, les moyens, les mesures et les responsabilités" pour "gagner en efficacité et mieux structurer la réponse de crise", précise le communiqué. Le ministre dit avoir obtenu l'accord des présidents des conseils territoriaux et régionaux de Guadeloupe et de Martinique.

>> Les sargasses fortement présentes sur plusieurs rivages de la Guadeloupe, de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy

Ces structures, dont la nature reste à déterminer, permettront de recueillir l'argent de l'Etat et pourront plus facilement monter des dossiers de financement auprès de l'Union européenne. En attendant le 15 octobre, "une augmentation de 50% "à 80% de la part du cofinancement de l'Etat sera accordée" pour organiser le ramassage rapide. Le reste à charge des collectivités locales "sera de 20% pendant cette période". L'Etat pourra également mobiliser un fonds, au cas par cas, afin qu'une partie de la subvention soit versée par anticipation.

Des questions sanitaires et environnementales

L'exposition continue à l'hydrogène sulfuré dégagé par les algues sargasses en putréfaction déclencherait plus tôt des cas de prééclampsie chez les femmes enceintes, selon une récente étude (en anglais) menée par le CHU de la Martinique. Cette pathologie, qui associe hypertension artérielle et prise de poids avec œdèmes, affecte environ 8% des grossesses. Elle se déclencherait plus tôt pour les femmes enceintes qui résident à moins de deux kilomètres des lieux d'échouage – autour de la 32e semaine, contre 35 semaines pour celles qui habitent au-delà de la limite.

L'invasion des sargasses est considéré comme un "problème sanitaire majeur" en Martinique comme en Guadeloupe. La prolifération de ces algues, qui dégagent quand elles pourrissent sur le rivage des émanations nauséabondes et toxiques, est "insupportable", avait commenté Jean-François Carenco, fin juillet, lors de sa première visite en tant que ministre en Martinique. Plus récemment, ces bancs d'algue avaient contraint la seule liaison maritime avec la Désirade à s'interrompre provisoirement, aggravant l'isolement de l'île guadeloupéenne.

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