Une pile bouton provoque la mort d’une fillette après un an de calvaire

La petite Faustine a subi 27 opérations en un an, avant de succomber à ses lésions le 14 juillet dernier.  

Un an plus tôt, les parents de la petite fille, alors âgée de 2 ans, remarquent qu’elle a du mal à respirer. Inquiets, ils l’emmènent aux urgences de l'hôpital Femme Mère Enfant de Bron (Rhône). Une radio de contrôle est réalisée. Le médecin conclut à une simple bronchite et renvoie l’enfant à la maison. Deux jours plus tard, Faustine est de nouveau prise de difficultés respiratoires.

A l’hôpital, un interne reprend le dossier et demande une nouvelle radio. Un petit objet rond apparaît clairement entre les deux poumons. Faustine a avalé une pile. Elle doit être opérée de toute urgence. Le lithium, un métal alcalin contenu dans la pile, s’est répandu. L’œsophage et la trachée sont perforés.

La famille accuse l'hôpital de retard de diagnostic

Vingt-sept opérations sont menées pour réparer les lésions provoquées par le lithium. Les médecins posent à l'enfant une prothèse œsophagienne et différentes complications sont traitées.

Après une année d'hospitalisation, début juillet, Faustine semble aller mieux. Les parents sont autorisés à la ramener chez eux. Ils ont été formés pour lui prodiguer des soins à domicile. Pourtant, deux jours plus tard, Faustine meurt brutalement. "Elle s’est mise à cracher du sang. Elle est partie en 10 secondes", racontent ses parents. Faustine devait fêter ses 3 ans en août.

Les parents de Faustine sont en colère et veulent comprendre le retard de diagnostic initial. "Comment est-ce possible que personne n'ait pu voir ça ? On aurait gagné 48 heures et les dégâts auraient été moins importants. Pour moi, c'est une erreur énorme", s'indigne la mère de Faustine. Ils ont lancé une procédure judiciaire contre l'hôpital. Selon le professeur Olivier Claris, président du comité médical d’établissement des hospices civils de Lyon (HCL), "ce qui est indiscutable, c’est qu’il y a eu un retard de diagnostic de 48 heures en juillet 2016".

L'ingestion passe souvent inaperçue

Les piles boutons peuvent être à l’origine de quatre types de lésions : brûlures électriques par courant de faible voltage, brûlures liées à la libération de substances caustiques (soude, potasse, sels de métaux lourds, chlorure d’ammonium), lésions de nécrose par compression au niveau de l’œsophage et effets toxiques dus à l’absorption de substances contenues dans les piles.

Entre 80% et 95% des enfants ne présentent aucun symptôme et les piles sont évacuées dans les selles 24 à 96 heures plus tard. Parfois, de légers symptômes peuvent se manifester tels qu'une sensation de brûlure dans la bouche, des douleurs abdominales, des vomissements, des nausées. En revanche, si la pile se loge dans l’œsophage, ce qui est le cas des grandes piles au lithium, des brûlures graves peuvent survenir en très peu de temps. Il est recommandé de consulter immédiatement et de réaliser une radiographie de contrôle. Une pile logée dans l’œsophage nécessite une opération.

Les moins de 4 ans particulièrement à risque

Bien que la grande majorité des corps ingérés traversent le tractus digestif sans complication, 10 à 20% d’entre eux sont retirés par voie endoscopique et moins de 1% nécessite une opération plus importante en raison des complications, telles que l’obstruction et la perforation. 

Sachez qu’en cas d’ingestion d’objet de très petite taille et qui ne contient pas de substance chimique, il est conseillé de donner à l’enfant des aliments riches en fibres et de contrôler les selles. Si l’objet n’est pas évacué en quelques jours, consultez un médecin pour réaliser une radiographie. Si votre enfant a moins d’un an, il est conseillé de consulter, même si les signes sont peu spécifiques.

Selon l’INVS, les jeunes enfants de 1 à 4 ans représentent plus de la moitié des décès par accidents de la vie courante. 26% sont dus à des cas de suffocations.  (Source : INVS : Étude de faisabilité dans trois régions en France en 2009)