Une petite fille sauvée de son cancer grâce à sa dentiste

La praticienne a constaté que plusieurs dents bougeaient, un signe de neuroblastome. 18 mois plus tard, après traitement, la petite fille était débarrassée de ses cellules cancéreuses.

Une petite fille sauvée de son cancer grâce à sa dentiste
Une petite fille sauvée de son cancer grâce à sa dentiste (© Kara Fletcher Jones sur Facebook)

"J’ai flippé…" se remémore la mère de la petite Hunter Jones, 5 ans. En août 2017, alors qu’elle se rend chez la dentiste avec sa fille pour lui faire faire un détartrage, la Dre Harlyn Sussarla lui fait part d’une observation à laquelle elle ne s’attendait vraiment pas. Repérant que la petite fille a plusieurs dents qui bougent, chose étrange à son âge, la praticienne lui fait une radio. Celle-ci révèle la présence d’une tumeur dans la mâchoire. Une histoire révélée par la chaîne de radio américaine KOMO News le 4 mars dernier.

18 mois de chimiothérapie, de radiothérapie et d’immunothérapie

Quelques jours plus tard, la famille se rend à l’hôpital pour enfants de Seattle, où des chirurgiens constatent la présence d’un neuroblastome. Après 18 mois de chimiothérapie, de radiothérapie et d’immunothérapie, Hunter est désormais débarrassée de ses cellules cancéreuses. Sa mère, Kara, se rappelle avoir été profondément choquée par le diagnostic : elle n’avait jamais constaté quoique ce soit d’anormal chez Hunter.

Le neuroblastome est la tumeur maligne solide extra-cérébrale la plus fréquente chez les enfants de moins de 5 ans. Il se développe à partir du système nerveux sympathique. Ce système est lui-même constitué d'une chaîne de ganglions d'où partent plusieurs rameaux : ce sont les nerfs sympathiques. Ils stimulent les activités que l'on ne peut pas commander volontairement, comme la respiration, le transit intestinal, ou la transpiration. Il arrive que des cellules nerveuses à l'origine de ce système se multiplient de façon anarchique et finissent par former une masse, principalement dans l’abdomen, parfois le long de la colonne vertébrale ou au niveau des glandes surrénales : c'est ce qu’on appelle le neuroblastome. 

Hunter a subi deux chirurgies et deux greffes de cellules souches

En France, 130 à 150 cas sont diagnostiqués chaque année, et 50% des enfants touchés ont moins de 2 ans. Il est possible d’en guérir, c'est notamment le cas lorsque la tumeur est localisée. Le taux de guérison est alors compris entre 75 et 95%, quel que soit l'âge de l'enfant. Le traitement du neuroblastome dépend de son type. Préalablement à leur ablation, les plus agressifs nécessitent une chimiothérapie pour réduire la taille de la tumeur et freiner la progression des métastases, s'il y en a.

En ce qui concerne la petite Hunter, au moment du diagnostic, le neuroblastome était déjà au stade IV. Les chances de survie étaient de 40 à 50% sur cinq ans. "Elle avait une tumeur dans l’abdomen, qui s’est étendue à ses hanches" se souvient Jay, son père. Hunter a passé, en tout, 140 jours à l’hôpital, où elle a subi deux chirurgies, cinq cycles de chimiothérapie, 12 cycles de radiothérapie, deux greffes de cellules souches et six cycles d’immunothérapie.

Un vaccin pour éviter la rechute ?

"Le traitement est très lourd, et il y a 90% de risques qu’Hunter développe une seconde maladie, comme une leucémie, une maladie des reins, du foie, ou du cœur" peut-on lire sur la page de la cagnotte GoFundMe lancée par sa famille pour financer ses opérations. Au terme de son traitement néanmoins, le mois dernier, Hunter a été déclarée débarrassée de ses cellules cancéreuses.

Hunter pendant son traitement, avec sa famille © Famille Jones sur GoFundMe

Récemment, la petite fille a revu sa dentiste, et lui a donné une carte où elle avait écrit "Je t’aime". "Je suis heureuse d’avoir constaté [des signes de neuroblastome], et fait en sorte qu’elle puisse recevoir les soins et le traitement dont elle avait besoin" a réagi la Dre Susarla. Qui a ajouté, émue : "Je vous le dis en toute honnêteté, je pense à elle tous les jours."

Hunter vient de prendre part à un essai clinique sur un vaccin contre le neuroblastome. Idéalement, celui-ci pourrait lui éviter de faire une rechute. Grâce à la cagnotte en ligne sur GoFundMe, sa famille a déjà récolté 24,500 dollars pour couvrir les soins qu’elle a reçus. Mais il manque encore plus de 25.000 pour régler l’ensemble des frais médicaux.