"On fait se rencontrer deux mondes" : en Seine-Saint-Denis, des étudiants donnent le goût de l'expérience scientifique aux enfants

Le réseau associatif "les petits débrouillards" proposent des ateliers d'initiation à la science qui mettent l'expérimentation à l'honneur plutôt que le savoir théorique.

Article rédigé par
Manon Mella - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un atelier des Petits Débrouillards, dans le quartier de Pont-Blanc, à Sevran (Seine-Saint-Denis), le jeudi 13 août 2020. (MANON MELLA / FRANCEINFO)

Bien avant les vacances apprenantes de Jean-Michel Blanquer, le réseau associatif "les petits débrouillards" a imaginé un programme estival éducatif baptisé "La science en bas de chez toi”. Le principe : proposer aux enfants des animations scientifiques de rue, dans les quartiers, là où l’accès aux sciences et à la culture n'est pas forcément évident. Les animateurs et animatrices se sont installés à Sevran en Seine-Saint-Denis, jeudi 13 août, dans le quartier Pont-Blanc.

Au pied des immeubles, le stand des petits débrouillards se fait d'abord discret. Les enfants s'amusent dans les jeux aquatiques installés dans le quartier. Le premier défi pour Hugo, coordinateur en Seine-Saint-Denis, c'est d'aller les chercher. "Salut ! Si vous voulez faire un peu d'expérience scientifique, il y a de la chimie. Il y a un peu de tours de magie." 

Apprendre en échouant

Première expérience : une bouteille d'eau en plastique avec une paille et des trombones qui flottent à la surface. Hugo arrive à faire descendre la paille au fond du récipient sans bouger, ce qui impressionne les enfants. Ils tentent de reproduire, mais sans succès. C'est précisément le but de l'atelier : essayer, échouer, vouloir comprendre, patienter et enfin réussir. "Oh oui, j'ai compris !", jubile un des apprentis scientifiques.

"On n'est pas là pour expliquer comment ça fonctionne. Nous, on n'apporte aucune connaissance, précise Hugo. Si, par l'expérience, ils arrivent à comprendre des choses, on les conforte dans leur cheminement, puis ils apprendront leur cours après, quand ils seront en quatrième."

Pour l'instant, ils expérimentent et on voit ce qui se passe. 

Hugo, coordinateur

à franceinfo

Souffler dans de l'eau, modifier la couleur d'un chou rouge. Trois heures plus tard, les enfants sont ravis :"C'est intéressant. On ne savait pas, avant, que dans l'eau gazeuse, il y avait du gaz carbonique et qu'on peut changer la couleur."

Les ateliers des Petits Débrouillards permettent à des étudiants et des enfants d'un quartier prioritaire de Sevran (Seine-Saint-Denis) de se rencontrer, le jeudi 13 août 2020.
 (MANON MELLA / FRANCEINFO)

Pour les animateurs, c'est l'occasion de se rendre dans des quartiers où ils n'ont pas l'habitude d'aller. "On permet à des étudiants de venir dans des quartiers qu'ils ne connaissent pas et les enfants disent aux étudiants 'Mais qu'est-ce que vous faites comme études ? Ça a l'air bien", explique Hugo, coordinateur des petits débrouillards. On fait se rencontrer deux mondes."

C'est enrichissant à la fois pour les enfants qui viennent voir des médiateurs scientifiques et en même temps pour les médiateurs qui viennent découvrir la Seine-Saint-Denis.

Hugo, coordinateur des petits débrouillards dans le 93

à franceinfo

Des ateliers comme ceux là, il y en a en moyenne une dizaine par jour en Île-de-France. Les petits débrouillards sont présents dans 12 régions avec 60 antennes territoriales. Et pas qu'en France, puisque le réseau associatif existe aussi en Tunisie, au Maroc ou en Belgique. 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.