Les nourrices appelées à faire grève le 19 novembre contre une réforme qui les oblige à s'enregistrer en ligne

Dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2020, les assistantes maternelles devront désormais se référencer sur un site officiel, sous peine de perdre leur agrément.

Les quelque 318 000 nourrices de France sont appelées à faire grève le 19 novembre.
Les quelque 318 000 nourrices de France sont appelées à faire grève le 19 novembre. (PETRI OESCHGER / MOMENT RF)

Les quelque 318 000 nourrices de France sont appelées à faire grève le 19 novembre pour protester contre une réforme qui les oblige désormais à se référencer sur le site de la Caisse d'allocations familiales, un dispositif qui s'apparente, selon elles, à du "flicage".

"Le gouvernement a fait le choix d'une méthode cœrcitive qui, sous prétexte de faciliter la mise en relation avec des parents employeurs, consiste en réalité en un véritable flicage" de l'activité des assistants maternels, dénoncent, vendredi 8 novembre dans un communiqué, le collectif des assistants maternels en colère/"Gilets Roses" et les fédérations CGT et FO. 

Crainte d'un "nivellement par le bas"

L'objet de leur colère est un article du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2020, qui vise à améliorer, pour les parents, l'accès aux places de garde disponibles. Pour ce faire, les assistants maternels devront désormais se référencer sur le site monenfant.fr, et y actualiser régulièrement leurs disponibilités, sous peine de perdre leur agrément.

"Il faudrait que cela soit facultatif", a indiqué Emilie Ferbos, l'une des porte-parole du collectif. Selon elle, beaucoup de nourrices sont réticentes à publier leurs coordonnées complètes, et notamment leur adresse, sur un site web accessible à tous, par crainte notamment de subir du démarchage commercial intempestif.

En outre, les assistantes maternelles devront désormais indiquer leurs tarifs, ce qui va induire, selon Emilie Ferbos, une "concurrence" et un "nivellement par le bas" des rémunérations. Chaque nourrice qui souhaiterait se joindre à ce mouvement de protestation pourra opter pour une grève totale, ou éventuellement pour un "service minimal" afin de ne pas trop pénaliser les familles, a encore précisé la porte-parole.