Santé : SOS Addictions salue le recul "colossal" du tabagisme passif à la maison

Le docteur Philippe Presles, tabacologue et membre du comité scientifique de SOS Addictions, salue ce vendredi sur franceinfo le "grand recul à la maison" du tabagisme passif, tout en regrettant que "les terrasses des cafés" ne soient pas interdites aux fumeurs.

Un homme fume à la table d\'un café à Quimper, le 8 octobre 2006.
Un homme fume à la table d'un café à Quimper, le 8 octobre 2006. (MAXPPP)

Le tabagisme passif recule en France, mais il tue encore plus d'un millier de personnes chaque année, selon les derniers chiffres de Santé Publique France publiés vendredi 7 février. Le docteur Philippe Presles, tabacologue et membre du comité scientifique de SOS Addictions salue sur franceinfo le "grand recul à la maison" du tabagisme passif, mais a regretté que "les terrasses des cafés" ne soient pas interdites aux fumeurs, car "on intoxique tout le monde".

franceinfo : Le tabagisme passif recule, mais ces chiffres sont-ils encore trop haut ?

Philippe Presles : Ils sont encore trop hauts, mais il ressort deux choses de cette enquête. La première, c'est un grand recul à la maison. C'est de moitié en quatre ans seulement. C'est colossal. Je pense que c'est la résultante à la fois des politiques du gouvernement, notamment du prix du tabac et puis aussi de l'essor d'autres solutions comme la "vape" [ou vapoteuse, la cigarette électronique]. Donc ça, c'est très positif. Et quant aux chiffres au travail, dans les études je ne vois pas de données dans le temps, on a juste la donnée d'aujourd'hui, mais il est possible que cela chute également et c'est même assez probable. Donc, je pense que c'est plutôt positif.

Que faudrait-il mettre en place pour lutter plus efficacement contre le tabagisme passif ?

Il y a quand même quelque chose qui me manque. Parce qu'en tant que non-fumeur, il y a un endroit où je me fais toujours enfumer, c'est sur les terrasses des cafés, des restaurants. On est le seul pays au monde où on fume comme on veut dans ces endroits, en extérieur. On intoxique tout le monde, votre voisin. Et plus on n'aide pas les fumeurs parce que moi, quand j'étais fumeur, ce que j'adorais, c'est prendre mon café en terrasse en fumant une cigarette. Et vraiment, je pense qu'il faut se poser la question. On peut sauver des milliers de vies. Il faut simplement étendre la loi à des lieux publics où sont présents de nombreux non-fumeurs.

Quelle répercussion a le tabagisme passif sur la santé ?

La répercussion sur la santé, c'est celle des produits toxiques, la combustion du tabac, à savoir les goudrons qui peuvent donner des cancers, les particules fines solides qui peuvent causer des problèmes respiratoires, des asthmes chez les enfants, des allergies. Et puis, le monoxyde de carbone, qui peut donner des infarctus et des accidents vasculaires cérébraux. Donc, ces trois maladies cancers, maladies respiratoires et maladies circulatoires vont augmenter chez le fumeur passif. Vous noterez que j'ai cité les trois composants de la combustion. Parce que s'il existe effectivement un tabagisme passif, il n'existe pas de vapotage passif. On n'a pas ces produits là-dedans.

Les politiques du gouvernement sont-elles à la hauteur ?

Elles sont à la hauteur. Disons qu'on n'est pas encore au niveau des Anglais, par exemple. En Angleterre, le tabac est plus cher. C'est interdit partout, y compris dans les terrasses, ces endroits où il y a une proximité fumeurs, non-fumeur. Et puis, enfin, l'État communique sur toutes les solutions pour arrêter de fumer, dont la "vape" [la cigarette électronique].