Le Mois sans tabac, un défi collectif pour réussir à arrêter de fumer

La dimension collective de l'opération a fait du Mois sans tabac un succès populaire.

Le Mois sans tabac incite les fumeurs à arrêter à partir du 1er novembre.
Le Mois sans tabac incite les fumeurs à arrêter à partir du 1er novembre. (BSIP / UNIVERSAL IMAGES GROUP EDITORIAL / GETTY IMAGES)

Le rendez-vous est désormais bien inscrit dans le calendrier. A partir du vendredi 1er novembre, pour la quatrième année consécutive, les fumeurs français sont invités à se faire aider et à s'encourager mutuellement pour arrêter la cigarette. La dimension collective de l'opération, son relais sur les réseaux sociaux et l'implication de personnalités bien connues des Français (les présentateurs Xavier de Moulins et Daphné Bürki cette année) ont fait du Mois sans tabac un succès populaire.

"Participer à un mouvement collectif facilite la démarche d'arrêt. Les fumeurs sont nombreux à vivre en même temps les bénéfices et les difficultés de l'arrêt", explique le ministère de la Santé. Plus de 241 000 personnes s'étaient inscrites en 2018, soit 84 000 de plus qu'en 2017 (environ 157 000). La première édition avait attiré environ 180 000 fumeurs en 2016.

La réussite du sevrage à un an multipliée par deux 

Au premier jour de cette quatrième édition, plus de 162 000 personnes affichent déjà sur le site internet tabac-info-service.fr leur engagement à ne pas fumer pendant un mois. Sans compter ceux qui ne se sont pas officiellement inscrits mais essaieront de tenir éloigné leur paquet de cigarettes.

Mais comment mesurer l'efficacité du Mois sans tabac au-delà du seul nombre de participants, alors qu'un quart (25,4%) des adultes de 18 à 75 ans fume encore quotidiennement (chiffre de 2018 contre 26,9% en 2017) ? Le ministère de la Santé, l'assurance-maladie et Santé publique France assurent que participer à l'opération "multiplie par deux la réussite du sevrage tabagique à un an".

Santé publique France a ainsi recontacté un an plus tard les participants à son baromètre de 2017 qui avaient fait une tentative d'arrêt du tabac au dernier trimestre 2016, "pour étudier leur comportement tabagique à plus long terme". Résultat : "Parmi les fumeurs ayant fait une tentative d'arrêt fin 2016 (...), 6 à 10% étaient toujours abstinents un an plus tard", soit le double des "taux habituellement observés dans les études scientifiques (...) lors de tentatives d'arrêt sans aide extérieure."

75 000 morts par an en France

"Trente jours, c'est la durée au-delà de laquelle les symptômes de manque sont considérablement réduits, il devient alors plus facile de rester non fumeur", soulignent les autorités de santé. Selon elles, le Mois sans tabac a clairement "contribué" à "la baisse historique du tabagisme en France : 1,6 million de fumeurs quotidiens en moins entre 2016 et 2018", à côté d'autres mesures comme la forte hausse des taxes sur le tabac engagée depuis deux ans.

L'enjeu de l'opération est aussi de faire connaître tous les outils disponibles pour lutter contre le tabac, première cause de mortalité évitable avec 75 000 morts par an en France : consultation d'un tabacologue, aide à distance de Tabac info service, substituts nicotiniques...

Le remboursement par la Sécurité sociale des patchs et gommes à la nicotine depuis mai 2018 (contre un forfait de 150 euros auparavant) a rencontré un vif succès. Depuis le début de l'année, 140 000 à 160 000 assurés ont ainsi bénéficié chaque mois "d'au moins un remboursement de substituts nicotiniques", soit "deux à trois plus que pour les mêmes mois en 2018", selon l'assurance-maladie.