"Nous avons une nouvelle méthode de travail", comment les douanes françaises ont quasiment triplé les saisies de cocaïne en 2017

Les douanes françaises ont saisi plus de 66 tonnes de stupéfiants en 2017, dont plus de 9 tonnes de cocaïne, selon un bilan présenté mardi à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) par le ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin.

Un douanier français montrent une saisi de cannabis à Gérald Darmanin, le ministre de l\'Action et des comptes publics, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 13 mars 2018.
Un douanier français montrent une saisi de cannabis à Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des comptes publics, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), le 13 mars 2018. (AFP)

Les douaniers en sont très fiers. 66,1 tonnes de drogue ont été saisies l’an dernier sur le territoire national. C’est l’un des chiffres mis en avant dans le bilan des douanes françaises présenté mardi 13 mars sur le port fluvial de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) par le ministre de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin.

Cannabis et cocaïne

Parmi ces interceptions, 46,1 tonnes sont du cannabis, soit une augmentation de 31,3% par rapport à 2016 et 9,2 tonnes concernent la cocaïne. Cette dernière est en très grande augmentation puisque les douaniers ont quasiment triplé les saisies de poudre blanche. Entre 2016 et 2017, elles ont augmenté de 142,1%.

L'augmentation du marché de cette drogue dure est une première explication. Le directeur général de la douane française Rodolphe Gintz en avance une autre. "Nous avons une nouvelle méthode de travail, se vante-t-il. Nous travaillons plus et mieux avec nos collègues de la police et de la gendarmerie mais également avec le renseignement." 

Le douanier numéro 1 explique également que les "attachés douaniers", des correspondants des douanes françaises à l'étranger pour lutter contre la drogue, sont localisés dans des zones sensibles comme Bogota en Colombie ou São Paulo au Brésil.

Plus nous travaillerons en amont pour remonter les filières, plus nous serons efficaces pour faire des grosses saisies.Rodolphe Gintz, directeur général de la douane françaiseà franceinfo

Les méthodes des trafiquants sont aussi en évolution. Les personnes surnommées "mules", qui transportent de la drogue dans leur corps, sont de plus en plus nombreuses. Et puis les "go-fast" se développent. Après les avoir organisés sur la route, les malfaiteurs n’hésitent plus à mettre en place ces transports rapides et discrets de grande quantité de drogue sur les mers. "Il y a des 'go-fast' sur l’eau qui essayent d’arriver vers les îles du nord, explique Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des comptes publics.

Il y a une route du Pacifique. Le contrôle est donc fait par les douaniers français. Il y a eu une saisie record faite au mois de janvier de près de deux tonnes dans un voilier. C’est un travail qui touche moins le continent européen mais qui est tout autant important.Gérald Darmanin, le ministre de l'Action et des comptes publicsà franceinfo

Aux 66,1 tonnes saisies sur le territoire national, il faut ajouter 33,8 tonnes interceptés à l'étranger sur renseignement de la douane française.

Diminution des saisies de trafic de tabac

Parmi les autres satisfactions des douaniers français figurent la très forte hausse des saisies d’avoirs criminels avec 862 millions d'euros en 2017, soit une hausse de 477% en 2017 par rapport à 2016.  En revanche, il est important de souligner un point noir : la légère baisse des saisies de contrebande de tabac. Elles ont diminué de 8% en 2017, soit plus de 238 tonnes.