"Une brimade supplémentaire" : à partir de 2027, les jeunes kinésithérapeutes devront obligatoirement travailler deux ans à l'hôpital

Plusieurs syndicats ont signé une convention avec l'Assurance-maladie qui va changer les règles pour les jeunes diplômés en kinésithérapie. De quoi déclencher la colère de certains étudiants qui seraient concernés.
Article rédigé par Solenne Le Hen, franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min
À partir de 2027, les jeunes kinésithérapeutes devront obligatoirement travailler deux ans à l'hôpital. Photo d'illustration. (GUILLAUME BONNEFONT / MAXPPP)

Cette convention, signée il y a quelques jours par des syndicats et l'Assurance-maladie, prévoit qu'à partir de 2027, les étudiants diplômés en kinésithérapie devront travailler obligatoirement pendant deux ans dans les endroits sous-dotés en kinésithérapeutes. Cela concerne les hôpitaux, les Ehpad, les déserts médicaux. 

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De quoi déclencher la colère de certains étudiants, comme Maëlis André. La vice-présidente de la Fédération Nationale des Étudiants en Kinésithérapie (FNEK) estime que cette mesure est une forme de précarisation des jeunes kinés : "Un diplômé qui travaille dans une structure médicale ou médico-sociale gagnera forcément moins qu'une personne qui va travailler en libéral. Peut-être deux fois moins."

Difficile, alors, de rembourser des frais de scolarité parfois exorbitants : "Financièrement, ça devient très compliqué puisqu'on a des instituts privés, notamment en région parisienne, où les frais de scolarité peuvent monter jusqu'à 10 000 euros par an. On effectue quatre ans, c’est-à-dire qu'on aura déjà déboursé presque 40 000 euros et il faut les rembourser. Ça devient très difficile", regrette Maëlis André.

Une mesure vécue comme une injustice

Pour autant, il y aura bien une alternative au salariat, puisque les jeunes diplômés pourront choisir l'exercice libéral, mais avec une contrainte : ils devront s'établir dans une zone sous-dotée en kinés.

Or l'obligation d'installation géographique, c'est ce à quoi ont échappé les médecins jusqu'à présent, analyse Pascale Matthieu, présidente de l'Ordre des kinésithérapeutes. "On dit que la coercition n'est pas une bonne chose pour les médecins, mais on trouve que c'est une chose magnifique pour les kinésithérapeutes. Et vous comprenez que cette différence de traitement est très mal vécue par la profession et est vue comme une brimade supplémentaire", dénonce-t-elle.

En contrepartie, des négociations vont reprendre, sous l'égide du ministère de la Santé, pour rendre les études de kinésithérapie moins coûteuses à l'avenir.

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