Téléconsultation médicale : "Un progrès attendu à la fois par les patients et par les médecins"

Jacques Battistoni, président du syndicat de médecins généralistes MG France, a expliqué, samedi sur franceinfo, que la mise en place de téléconsultations avait un coût important alors qu'elles sont désormais remboursées par l'Assurance maladie.

Un infirmier au centre médical d\'Oberbruck (Haut-Rhin) ausculte une patiente lors d\'une téléconsultation en direct avec un médecin d\'Avignon (Vaucluse), le 1er avril 2017.
Un infirmier au centre médical d'Oberbruck (Haut-Rhin) ausculte une patiente lors d'une téléconsultation en direct avec un médecin d'Avignon (Vaucluse), le 1er avril 2017. (THIERRY GACHON / MAXPPP)

Les médecins peuvent dès samedi 15 septembre proposer à leurs patients des consultations à distance, par visioconférence. Ces téléconsultations seront remboursées comme des consultations classiques. "C'est quelque chose d'important, mais on ne sait pas à quel rythme cela va se développer", a expliqué, samedi sur franceinfo, Jacques Battistoni, président du syndicat de médecins généralistes MG France.

franceinfo : Ces téléconsultations sont-elles une bonne chose ?

Jacques Battistoni : Je crois que c'était un progrès qui était attendu à la fois par les patients et par les médecins aussi. À ce titre-là, c'est quelque chose d'important, mais on ne sait pas à quel rythme cela va se développer, comment cela va se mettre en place. Les médecins sont pour l'instant encore en attente des solutions pratiques qui devraient arriver dans les jours qui viennent.

Il faut que tout le monde puisse s'équiper correctement. Une aide financière a été mise en place. Pourquoi ?

Oui, il y a un coût pour ça. Cela nécessite le recours à une plateforme sécurisée, parce qu'il ne faut pas que n'importe qui puisse capter cette consultation. On a besoin d'outils qui nous permettent d'être connectés au dossier médical du patient parce que le mieux c'est le patient qu'on connaît, dont on est le médecin traitant et cela permet d'éditer facilement l'ordonnance.

L'intérêt est double, lutter contre la désertification médicale et favoriser un meilleur accompagnement. Les patients hospitalisés ou en maison de retraite seront-ils aidés par des professionnels ?

C'est une solution possible que le patient ait auprès de lui une infirmière ou une aide-soignante qui puisse interroger le médecin pour avoir des éléments de diagnostic.

Ce système ne risque-t-il pas de se heurter à la fracture numérique ?

Dans les endroits où il y a des médecins qui sont peu nombreux, la population est souvent âgée, dépendante, ne peut pas se déplacer facilement et ne connaît pas ces outils-là. C'est donc certainement un moyen, mais pas le seul, pour résoudre le problème de la démographie médicale.