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Déserts médicaux : les inégalités se sont "accentuées" malgré les incitations à l'installation des généralistes, selon l'Assurance maladie

Les dispositifs visant à inciter les praticiens à s'installer dans les territoires en souffrance n'ont "pas suffi à gommer les déséquilibres", d'après un bilan interne portant sur la période 2016-2019.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Un cabinet médical vide dans une maison de santé à Suèvres (Loir-et-Cher), le 22 février 2022. (MAXPPP)

La carotte était-elle trop petite ? Ou faut-il sortir le bâton ? Malgré les aides versées pour inciter les praticiens à s'installer dans les déserts médicaux, les inégalités d'accès aux médecins généralistes se sont accrues ces dernières années en France, selon un bilan établi début juillet par l'Assurance maladie et consulté lundi 18 juillet par l'AFP.

Quatre types de "contrats démographiques" ont été négociés en 2016 avec les syndicats de médecins libéraux, avec pour objectif d'enrayer la progression des déserts médicaux. L'Assurance maladie reconnaît que ces nouveautés n'ont "pas suffi à gommer les déséquilibres de répartition territoriale qui perdurent". "L'inégalité d'accès" aux médecins généralistes s'est même "accentuée" entre fin 2016 et fin 2019, selon l'Assurance maladie.

Fin 2021, seuls 4 685 contrats étaient "en cours", dont une grosse moitié en contrat de "coordination" pour des praticiens déjà installés dans un désert médical, selon le bilan présenté dans une commission interne de l'Assurance maladie. L'aide à l'installation proprement dite (jusqu'à 50 000 euros) a été accordée à 2 085 médecins, essentiellement généralistes, soit un peu plus de 400 par an.

En finir avec la liberté d'installation des médecins ?

En revanche, l'Assurance maladie note une "réduction des disparités" pour les infirmières et les sages-femmes libérales. Deux professions qui, contrairement aux médecins, profitent d'effectifs en hausse continue, mais ont aussi accepté une "régulation" des installations : une arrivée pour un départ dans les zones "sur-dotées".

Ce contraste donne des arguments aux partisans de la politique du bâton. Ainsi, le syndicat Unsa juge, lundi, que le "résultat extrêmement décevant" des incitations démontre qu'elles "ne fonctionnent pas" et qu'il "faut donc en finir avec la liberté d'installation des médecins libéraux". L'Assurance maladie, elle, se contente de proposer de "fusionner en un contrat unique" les contrats existants, pour simplifier le dispositif.

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