En Dordogne, des chercheurs viennent de prouver que l'Homme de Néandertal enterrait ses morts

C'est une découverte majeure qui a fait l'objet d'un article scientifique dans la prestigieuse revue américaine Nature. Grâce à une technologie nouvelle, des chercheurs ont pu prouver que l'Homme de Néandertal enterrait bien ses morts. 

Article rédigé par
Camille Belsœur - franceinfo Culture
France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Des recherches sur des gisements de fossiles humains en Dordogne. (France 3 Périgord / Franceinfo)

C'est un mystère que les scientifiques n'avaient jamais résolu. L'Homme de Néandertal enterrait-il ses morts comme Homo Sapiens ? En Dordogne, de nombreux ossements appartenant à des individus de cette espèce humaine disparue ont été mis à jour depuis le début du 20e siècle. Mais personne n'avait pu prouver jusqu'alors que des fosses dans lesquels avaient été trouvés les corps avaient été creusées volontairement pour y enterrer des morts. 

C'est désormais chose faite grâce au travail des chercheurs qui ont repris des carnets de fouilles des années 1960 pour réétudier, grâce à une nouvelle technologie, les recherches faites à l'époque sur le site de La Ferrassie, sur la commune de Savignac-de-Miremont en Dordogne. Leur persévérance a payé, comme l'explique Alain Turq, l'un des co-signataires de l'étude parue dans la revue scientifique Nature.

"On apporte des éléments concrets"

"On a pu démontrer qu'il y avait une fosse creusée intentionnellement. On a pu dater avec précision un reste humain qui était dans cette fosse. C'est une grande satisfaction dans la mesure où pour une fois, on apporte des éléments concrets. Cela va humaniser encore un peu plus l'Homme de Néandertal", raconte Alain Turq. 

Une franche satisfaction pour ce chercheur qui était persuadé depuis des années que l'Homme de Néandertal procédait à des rites funéraires. "Beaucoup de chercheurs, notamment étrangers, ont pendant longtemps mis en doute le fait que ce soit de véritables sépultures. On n'avait pas de preuves tangibles de fosse dans laquelle on met les morts, que ça soit ensuite bien protégé, qu'ils n'aient pas bougé et qu'il y ait des offrandes", ajoute Alain Turq. 

Les gisements de Dordogne n'ont sans doute pas fini de révéler des secrets sur nos lointains cousins. Le Périgord et le bassin aquitain sont un terrain d'une richesse exceptionnelle pour les découvertes de fossiles d'hommes préhistoriques. "Les gisements sont nombreux et les restes humains aussi. On a près de 30% des restes humains connus dans le monde", rappelle Alain Turq.

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