Pilule de 3e génération : un syndicat de médecins porte plainte contre l'Agence du médicament

L'objectif de la Fédération des médecins de France  : obtenir le retrait du marché de ces pilules contraceptives, considérées comme dangereuses.

Des pilules contraceptives de 3e génération, le 2 janvier 2013.
Des pilules contraceptives de 3e génération, le 2 janvier 2013. (MAXPPP)

Après les patientes, c'est au tour des médecins de faire entendre leur voix. Le syndicat de médecins libéraux Fédération des médecins de France (FMF) a décidé de porter plainte contre l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) en vue d'obtenir le retrait des pilules de 3e génération. Les pilules de 3e et 4e générations présentent deux fois plus de risques de thrombose veineuse (phlébites et embolies pulmonaires) que celles de 2e génération, en raison de l'évolution de leur composition.

Objectif : obtenir le retrait des pilules de 3e génération

"L'objet de la plainte est de demander le retrait d'autorisation de mise sur le marché de ces pilules", a affirmé mercredi 9 janvier Jean-Paul Hamon, président de la FMF, un syndicat de généralistes et spécialistes minoritaire.

"Si un médicament est dangereux et que le rapport bénéfice-risque est défavorable, ce médicament doit être suspendu ou retiré (...), le non remboursement n'enlève rien à sa dangerosité. Si un médicament est dangereux, comment se fait-il que les gouvernements et leurs organismes satellites dédiés ne s'en aperçoivent que plus de dix ans après les premières alertes scientifiques et aient laissé les génériques se développer ?" s'interroge le président de la FMF. 

"La FMF engage cette procédure afin d'obliger l'ANSM à argumenter clairement sa position au lieu de jouer à la politique du parapluie en laissant en première ligne chaque professionnel de santé au moment où des patients portent plainte", explique aussi le Dr Hamon.

Déremboursement de ces pilules fin mars

Les pilules de 3e génération ne seront plus remboursées à partir de fin mars, a annoncé la semaine précédente la ministre de la Santé, Marisol Touraine, avançant de trois mois le déremboursement initialement prévu pour la fin juin. Tout est parti d'une première plainte déposée en France à la mi-décembre par une jeune femme victime d'un accident vasculaire cérébral (AVC) imputé à une pilule de 3e génération.

Plusieurs médecins ont cependant mis en garde contre les risques de "panique à la pilule". Selon eux, un mouvement de suspicion contre les contraceptifs oraux pourrait entraîner une "vague d'IVG"Entre 1,5 et 2 millions de femmes utilisent aujourd'hui une des nombreuses pilules de troisième génération sur le marché, dont la moitié ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale.