L'accès à la pilule sans ordonnance serait "une avancée pour les droits des femmes" et sans "risque dans l'absolu", selon le Planning familial

Caroline Rehbi, co-présidente du Planning familial, défend l'accès à la pilule sans ordonnance afin de réduire les délais d'attente. Un protocole ainsi qu'un questionnaire obligatoires garantiraient, selon elle, la sécurité des patientes.

Pilule contraceptive.
Pilule contraceptive. (JOCHEN ECKEL / PICTURE ALLIANCE)

Un collectif composé de professionnels de santé, du Planning familial, d'associations dont Les effronté-e-s et de féministes, a publié mardi 18 avril une lettre ouverte pour demander "la mise sur le marché d'une pilule contraceptive sans ordonnance". Cet appel intitulé "Libérez ma pilule" est accompagnée d'une pétition et s'adresse aux laboratoires pharmaceutiques.

Caroline Rebhi, co-présidente du Planning familial, signataire de cette lettre, a estimé mercredi sur franceinfo qu'une pilule accessible sans ordonnance serait "une avancée pour les droits des femmes" et que "dans l'absolu il n'y aurait pas de risque médical" car "ça serait assorti d'un protocole, d'un questionnaire, que le pharmacien devra faire passer".

franceinfo : Pourquoi demandez-vous la mise sur le marché d'une pilule sans ordonnance ?

Caroline Rebhi : Ça serait une avancée pour les femmes par rapport aux délais d'attente. Aujourd'hui, ne peuvent délivrer la pilule que les sages-femmes, les gynécologues et les médecins généralistes. Ce serait une avancée pour les droits des femmes que d'avoir un entretien avec des pharmaciens et du coup, la pilule serait accessible partout sur le territoire.

N'y-a-t-il pas un risque médical ?

Il n'y a pas de risque dans l'absolu parce que ce serait assorti d'un protocole, d'un questionnaire, que le pharmacien devrait faire passer. Et cela n'empêcherait pas aux femmes de voir une sage-femme ou un gynécologue pour leur suivi gynécologique. Comme la lettre ouverte le stipule, il s'agit juste de la pilule progestative, dans l'absolu il n'y aurait pas de risque. C'est une simple pilule à base de progestérone, assortie d'un entretien avec un professionnel formé, le pharmacien. La femme pourrait avoir accès à son mode de contraception.Dans d'autres pays que la France, elles peuvent l'obtenir de cette manière-là.

L'accès à la contraception ne vous paraît pas suffisant ?

Oui, en termes de lieu ou d'information objective. Là, on parle uniquement de la pilule progestative et c'est déjà une avancée, mais il y a d'autres moyens de contraception. Il faut des professionnelles qui donnent l'information sur tous les moyens contraceptifs qui existent. L'accès, par exemple, au stérilet. On entend tous les jours des femmes qui viennent en rendez-vous et qui nous disent, "On n'a pas voulu me poser mon stérilet parce que je n'ai pas eu d'enfants". L'accès à une vraie information et à des lieux doivent être libérés.