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Mort d'Axel Kahn : le monde médical est "en deuil" et salue un homme "honnête", "brillant"

"La Ligue continuera à porter les différents sujets qu'il a portés", assure son successeur par intérim qui dit "perdre un ami".

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Le généticien Axel Kahn, le 14 avril 2015. (ERIC FEFERBERG / AFP)

"La Ligue contre le cancer est en deuil et je perds un ami", réagit mardi 6 juillet Daniel Nizri, président par intérim de la l'organisation, après la mort d'Axel Kahn. Le médecin généticien et essayiste est décédé à 76 ans des suites d'un cancer ce mardi. L'ancien président de la Ligue contre le cancer avait annoncé publiquement en mai dernier qu'il était malade et qu'il se mettait en retrait. Depuis l'annonce de son décès, de nombreuses personnalités lui rendent hommage. 

>> "J'ai été intensément heureux", confiait Axel Kahn quelques semaines avant sa mort. Il était le 17 mai sur France Inter.

Axel Kahn était "quelqu'un que je ne connaissais pas encore il y a deux ans mais que j'ai découvert et dont je suis au fur et à mesure devenu très proche jusque dans les derniers moments", déclare Daniel Nizri qui assure l'intérim de la présidence de la Ligue contre le cancer depuis juin dernier.  Axel Kahn "a mis la barre très haut", poursuit-il. "La Ligue continuera à porter les différents sujets qu'il a portés", à savoir "les acquis des plans cancers", "l'accompagnement des patients", "le soutien à la recherche et son dernier combat, les douleurs associées au cancer". 

"Un chercheur et un homme sans concession, dans la recherche, ses engagements, ses combats."

Serge Braun, directeur scientifique de l'AFM-Téléthon

à franceinfo

 

"Il a été un pionnier de la thérapie génique. Il avait publié en 1993 les tous premiers résultats d'une thérapie génique de la myopathie de Duchenne chez la souris", se souvient sur franceinfo Serge Braun. "C'est presqu'un clin d'oeil de la vie de le voir partir alors que le fruit des recherches auxquelles il a contribué est en train de se concrétiser", regrette-t-il.

Une fin de vie avec "un courage exemplaire"

"Les dernières semaines de sa vie, en direct, sont une leçon socratique de l'affrontement de la mort, réagit Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d’éthique, dont Axel Kahn était membre de 1992 à 2004. J'avais beaucoup d'admiration pour lui, c'est l'homme le plus honnête sur le plan intellectuel que j'ai vu de ma vie", poursuit-il. Selon lui, "lorsqu'Axel Kahn était membre du Comité consultatif national d’éthique, c'était de loin le plus brillant, celui qui nous apportait les idées", avec "une volonté de communiquer et de s'engager".

"C’est une grande tristesse, c’était un grand, une lumière."

Professeur René Frydman 

à franceinfo

René Frydman et Axel Kahn étaient amis depuis leur scolarité commune en médecine. "Il laisse beaucoup de livres et d’écrits qui peuvent nous servir à reprendre le cours de sa pensée. C’est un modèle, de quelqu’un qui s’est engagé dans la société et qui a essayé de faire le bien autour de lui", a déclaré René Frydman, célèbre par ailleurs pour être à l’origine du premier bébé éprouvette. Il s'est également ému des derniers agissements d’Alex Kahn : "Il a été d’un courage exemplaire, il a mis sa maladie de côté, pour garder sa place de présidence de la Ligue contre le cancer, pour guérir le plus de gens possible." 

"Une figure indispensable de la réflexion éthique"

"Pour moi, c’est l'une des figures indispensables de la réflexion éthique sur ces vingt dernières années", a réagi sur franceinfo Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale à l’université Paris-Saclay. Il a salué un "scientifique de très haut niveau. Il a toujours accompagné ses recherches par une pensée".

"C’est un penseur, un philosophe. On le voit à travers son œuvre."

Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale à l’université Paris-Saclay

à franceinfo

"Ce qui singularise Axel Kahn, c’est cette capacité d’avoir été une jonction entre la science et la société, d’avoir été d’une grande modernité", a conclu Emmanuel Hirsch, après avoir fait part de sa "tristesse" et de son "émotion".

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