Baisse du dépistage du cancer du sein : "Il faut relancer la machine", alerte la fondation ARC

Le gain en termes de survie d'un dépistage précoce du cancer du sein est de "près de 6 % en 20 ans", souligne le professeur Éric Solary, oncologue et président du conseil scientifique de la Fondation ARC.

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Radio France
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Octobre rose (illustration). (JULIO PELAEZ / MAXPPP)

Le professeur Éric Solary, oncologue et président du conseil scientifique de la Fondation ARC, pour la recherche sur le cancer, a appelé vendredi 1er octobre sur franceinfo les femmes de plus de 50 ans à se faire dépister pour mieux lutter contre le cancer du sein : "Il faut relancer la machine", alerte-t-il après une baisse du dépistage lors de la pandémie de Covid-19. "On est passé d’à peu près 50 % à 42 % pendant l'année 2020", indique-t-il. La campagne de sensibilisation Octobre rose débute vendredi pour inciter les femmes à se faire dépister pour mieux traiter les cancers du sein.

franceinfo : Quel est le pourcentage de femmes qui font le dépistage du cancer du sein chaque année ?

Elles ont la possibilité de le faire entre 50 ans et 74 ans. C'est une démarche qui est possible sans avance de frais. Il n'y a que 50 % des femmes qui le font dans cette tranche d'âge et pendant la période de la pandémie, ce pourcentage a diminué à 42 %. C'est historiquement très bas. On a toujours beaucoup de difficultés à sensibiliser les femmes à ce dépistage qui est pourtant assez simple à réaliser.

"Il y a un peu de déni. On n'a pas forcément envie de faire face à ce risque."

Pr Éric Solary, oncologue et président du conseil scientifique de la Fondation ARC

à franceinfo

Néanmoins, le bénéfice est tellement important que c'est dommage parce que les études au cours des années ont vraiment démontré qu'on a gagné en termes de survie des patientes, près de 6 % en 20 ans, c'est considérable. Ce dépistage apporte vraiment quelque chose. Il est efficace. Il le sera probablement encore plus dans les années qui viennent. Il faut resensibiliser. À une époque, on était à plus de 50 %. On est redescendu progressivement au cours du temps. On est dans une période où vraiment il faut relancer la machine.

La pandémie de Covid-19 a aggravé la tendance ?

Oui pour des raisons très pratiques. On est passé d’à peu près à 50 % à 42 % pendant l'année 2020. C'est une chute vraiment importante qui va faire que beaucoup de cancers vont être diagnostiqués un peu plus tard. Et on sait que le retard au diagnostic, c'est une perte de chance. Il faut que tout se remette en place. C'est le cas sur le plan organisationnel, mais peut-être pas encore complètement sur le plan de la motivation des femmes à reprendre cette pratique du dépistage systématique tous les deux ans par mammographie.

Peut-on faire le dépistage avant 50 ans ?

On le fait avant chez les personnes à risque. Il est possible que dans les années qui viennent, cela évolue. Il y a beaucoup d'études en cours, soutenues par la Fondation ARC pour essayer de personnaliser le dépistage, de prendre en compte les risques personnels, l'histoire familiale, les expositions toxiques, le contexte pathologique, et puis maintenant, même des paramètres génétiques qu'on étudie qui pourraient aider à repérer les femmes à haut risque versus, au contraire, les femmes qui ont peu de risques et qui n'ont pas besoin de mammographie tous les deux ans. On va vers une personnalisation, mais il faudra encore quelques années.

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