"Bébés OGM" : l'OMS met en place un groupe d'étude sur la manipulation génétique

Après l'annonce par un chercheur chinois de la naissance de jumelles génétiquement modifiées, l'Organisation mondiale de la santé se penche sur ce problème éthique inédit. 

Un scientifique chinois a annoncé le 26 novembre 2018 la naissance de jumelles génétiquement modifiées, une première dans le monde.
Un scientifique chinois a annoncé le 26 novembre 2018 la naissance de jumelles génétiquement modifiées, une première dans le monde. (MARK GARLICK / AFP)

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé lundi 3 décembre la mise en place d'un groupe d'étude sur la manipulation génétique, après l'annonce par un scientifique chinois de la naissance de jumelles génétiquement modifiées, une première dans le monde.

Ce chercheur chinois, He Jiankui, a annoncé dans une vidéo diffusée la semaine dernière sur YouTube la naissance de jumelles dont l'ADN a été modifié pour les rendre résistantes au virus du sida, leur père étant infecté par le VIH.

La condamnation a été générale dans la communauté scientifique et a suscité une dénonciation vigoureuse des autorités de Pékin, qui ont exigé la suspension des "activités scientifiques des personnes impliquées".

"Nous devons être très prudents"

Une telle manipulation "ne peut avoir lieu sans des directives claires", a réagi de son côté le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, devant la presse à Genève. "L'OMS réunit des experts et nous travaillons avec les Etats membres (...) pour discuter des critères et des directives pouvant répondre aux problèmes éthiques et de sécurité au sein de la société", a-t-il ajouté. Il a précisé que le groupe d'étude disposerait d'une "feuille blanche"

Le directeur de l'OMS a refusé d'envisager que certaines manipulations de gènes puissent à l'avenir présenter des avantages en matière de santé publique. "Nous devons être très, très prudents. (...) Nous ne devons pas nous engager dans la manipulation génétique sans tenir compte des conséquences non voulues."