Trois questions sur les 50% d'aliments bio et locaux dans les cantines promis par le gouvernement

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, confirme dans "Le Journal du dimanche" que l'objectif de 50% de produits bio et locaux dans la restauration collective d'ici à 2022 sera inscrit dans la loi.

Dans son programme présidentiel, Emmanuel Macron assurait que d\'ici 2022, 50% des produits proposés dans la restauration collective seraient \"bio, écologiques ou issus de circuits courts\".
Dans son programme présidentiel, Emmanuel Macron assurait que d'ici 2022, 50% des produits proposés dans la restauration collective seraient "bio, écologiques ou issus de circuits courts". (MAXPPP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Les cantines scolaires et professionnelles vont-elles massivement se convertir à l'alimentation bio et locale ? C'est en tout cas le projet du gouvernement. Interviewé dans Le Journal du Dimanche du 3 décembre, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, assure qu'un projet de loi en ce sens, reprenant une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, est sur les rails.

Les produits bio ne représentaient que 3,2% des achats totaux de la restauration collective en 2015, selon les derniers chiffres disponibles de l’Agence pour le développement de l’agriculture biologique. Franceinfo fait le point sur l'avancée du dossier.

1Que promettait Emmanuel Macron ?

A la onzième page de son programme présidentiel (document PDF), Emmanuel Macron promettait que "d'ici 2022, 50% des produits proposés par les cantines scolaires et les restaurants d'entreprise devront être bio, écologiques ou issus de circuits courts". Une promesse détaillée en février par le candidat lors d'une interview accordée à l'association WWF France.

Emmanuel Macron précisait alors ne pas se focaliser sur le bio, mais sur des produits qui "répondent à des labels ou à des certifications". "C'est moins lourd, moins contraignant que le bio parce que je ne veux pas, là-dessus, être déraisonnable ou trop contraignant", détaillait-il.

2Où en est cette promesse ?

Devenu président, Emmanuel Macron a réitéré cet engagement lors de son discours de Rungis en octobre sur les Etats généraux de l'alimentation. Selon lui, cet objectif de 50% de produits bio ou locaux proposés dans les cantines d'ici 2022 va permettre de modeler les schémas de production en France et relancer l'agriculture et l'agroalimentaire.

Une promesse reprise dimanche 3 décembre par le ministre de l'Agriculture. Dans les colonnes du JDD, Stéphane Travert affirme que ces fameux "50%" seront inscrits dans la loi.

Ce chiffre fait partie des objectifs d'une grande politique d'alimentation. Il y en a d'autres. Par exemple, qu'en 2022, l'essentiel des œufs coquille [frais] consommés proviennent d'élevages alternatifs à la cage.

Stéphane Travert

au "Journal du dimanche"

3Le gouvernement est-il unanime à ce sujet ?

Nicolas Hulot, dont les relations avec Stéphane Travert sont plutôt fraîches selon Le JDD, souhaite aller plus loin. Dans un entretien à L'Obs publié le 29 novembre, le ministre de la Transition écologique et solidaire dit vouloir que "prochainement, les cantines scolaires proposent aux enfants un menu végétarien un jour par semaine". 

Le ministre de l'Agriculture n'est pas du tout sur cette ligne. "Liberté et responsabilité plutôt que contrainte. Ce qui importe, c'est que nos enfants aient une alimentation saine, diversifiée et équilibrée", réagit-il auprès du JDD. Et d'ajouter une pique à l'égard de Nicolas Hulot.

Je pourrais vous parler de la qualité de l'air et de l'eau, car tout ça m'intéresse. Mais je n'en parle pas, parce que ce ne sont pas mes sujets. Chacun doit être sur ses sujets.

Stéphane Travert

au "Journal du dimanche"