Substances nocives dans certains emballages alimentaires : "On pourrait très bien décider de se passer de ce genre de produits", estime un endocrinologue

"Si on peut s'en séparer et les éviter, autant les interdire", juge sur franceinfo Philippe Froguel, généticien et endocrinologue au CHRU de Lille.

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Un vendeur tient un kebab avec des frites. Photo d'illustration. (FRANK PERRY / AFP)

"On pourrait très bien décider de se passer de ce genre de produits", affirme jeudi 20 mai sur franceinfo le professeur Philippe Froguel, généticien et endocrinologue au CHRU de Lille, alors qu'une enquête d'un groupe de neuf ONG européennes révèle que la grande majorité des emballages alimentaires ont été testés positifs aux perfluorés ou PFAS.

franceinfo : Quand on parle des perfluorés, on parle de 4 700 molécules créées par l'homme, qu'est-ce que ça désigne exactement ?

Philippe Froguel : Toutes ont été créées à partir des années 1940, c'était une bénédiction pour l'industrie agro-alimentaire, mais pas que ! Il y en a aussi sur les tapis, pour éviter qu'ils se mouillent, se tâchent, sur les moquettes ou encore sur les vêtements. C'est véritablement une constellation, voire une galaxie de différents composés chimiques que l'on connaît mal. Parfois, on en supprime quelques uns, que l'on remplace par d'autres qui sont encore plus dangereux. C'est vraiment très inquiétant. On les appelle les "produits éternels", puisqu'on ne sait pas comment s'en débarrasser. Ils sont dans la chaîne alimentaire : si vous prenez du poisson, vous pouvez en absorber, même dans l'eau du robinet. Ça dépend de la manière dont les choses ont été conservées, par exemple si les produits industriels utilisés pour la boisson ont contenu un ou plusieurs de ces PFAS, dont certains ne sont pas répertoriés par les autorités de santé.

Quelles sont les conséquences de ces produits ?

Elles sont mal connues. Chez l'animal, il y a des cancers, des problèmes de développement. Chez l'homme, ça peut donner des hypothyroïdies.

"Les PFBS donnent aussi ce type de problèmes, ce sont ce que l'on appelle des perturbateurs endocriniens."

Philippe Froguel, généticien et endocrinologue au CHRU de Lille

à franceinfo

Quand il y a 4 500 produits différents, les étudier est extrêmement difficile. Avoir une conclusion complète est difficile. C'est pour ça que ce qu'a fait le Danemark est intelligent : si on peut s'en séparer et les éviter, autant les interdire. On pourrait très bien décider de se passer de ce genre de produits, le Danemark le montre.

Comment expliquer le scandale qu'il y a eu autour du bisphénol A, alors qu'on parle finalement peu des PFAS ?

Probablement parce que, comme pour le tabac, les pesticides, les industriels se défendent en faisant le flou, en payant parfois des collègues scientifiques pour semer la confusion et pour retarder le plus possible les conséquences de régulation que les Etats finissent par imposer, mais souvent assez tardivement.

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