Obésité des adolescents : perdre des kilos et apprendre à s'accepter

Dans les années 1960, seuls 3% des adolescents français étaient en surcharge pondérale, contre 25% aujourd'hui. Plusieurs centres spécialisés les accompagnent et les écoutent afin d'entamer un travail avec eux. Reportage dans l'un d'eux, en Lozère.

FRANCE 2

Ça ne plaisante pas en séance d'aquagym. Si ces jeunes filles frôlent les 100 kg, elles n'ont aucun complexe à se montrer en maillot de bain ici. Mais aucune n'échappe aux exercices de la prof d'activité physique. Pendant un an, ces ados vont vivre ensemble sous le même toit, dans une grande bâtisse au cœur de la Lozère, un établissement de soins adaptés aux jeunes en surpoids. Ce centre pédiatrique travaille avec le CHU de Montpellier (Hérault). Les plus petits ont 10 ans, les plus âgés 17. Une centaine de filles et garçons sont réunis avec un même objectif : perdre du poids. Les ados vont à l'école dans la ville voisine, mais prennent leur repas dans le centre, sous le contrôle d'une diététicienne. Avec elle, pas d'aliments interdits, mais les jeunes vont apprendre à équilibrer leur alimentation.

Parfois synonyme d'un profond mal-être

Manger, bouger, retrouver énergie et joie de vivre malgré les kilos en trop. Chaque enfant est suivi par l'équipe médicale du centre. Depuis son arrivée, Maxime a perdu une dizaine de kilos. Son séjour est pris en charge à 100% par la Sécurité sociale, car l'obésité est reconnue comme une maladie à part entière. Pour tenter d'éviter les rechutes, on en revient à la nourriture. On fait découvrir aux ados des recettes simples à refaire chez soi. Il s'agit de transformer une endive en apéritif, en oubliant saucisson et chips. Ce carnet de recettes, c'est toute la famille qui devra l'adopter au retour de l'enfant. Une façon de l'aider à tenir le cap. L'obésité est souvent l'expression d'un profond mal-être. Une psychologue amène des enfants parfois malmenés par la vie à mettre des mots sur leurs souffrances. La plupart d'entre eux trouvent ici un cocon réconfortant. Perdre des kilos tout en acceptant ses rondeurs est un travail de longue haleine, mais le jeu en vaut la chandelle. L'estime de soi varie au gré des aléas de la vie. Alors, les portes du centre restent toujours ouvertes en cas de rechute.

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Un patient consulte pour des problèmes d\'obésité, le 23 mars 2016 à Niort (Deux-Sèvres).
Un patient consulte pour des problèmes d'obésité, le 23 mars 2016 à Niort (Deux-Sèvres). (BURGER / PHANIE / AFP)