Lactalis : l'usine de Craon à nouveau autorisée à produire du lait infantile

L'usine Lactalis située en Mayenne va reprendre sa production de poudres de lait infantile, mais "sans commercialisation pour le moment".

L\'usine Lactalis de Craon (Mayenne), en décembre 2017.
L'usine Lactalis de Craon (Mayenne), en décembre 2017. (DAMIEN MEYER / AFP)

Elle est au cœur de l'affaire du lait infantile contaminé aux salmonelles. L'usine Lactalis de Craon (Mayenne) va reprendre sa production de poudres de lait infantile, mais "sans commercialisation pour le moment", indique, mercredi 4 juillet, le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation. "Le préfet de la Mayenne, en concertation avec le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, a donné son accord à la reprise progressive des activités de conditionnement et de séchage des poudres de lait infantile", écrit le ministère dans un communiqué.

Fin 2017, 36 nourrissons ont été atteints de salmonellose après avoir bu un lait infantile des marques Picot et Milumel, produit dans son usine de Craon en Mayenne. Les causes de la maladie de deux autres nourrissons sont encore recherchées.

Pas de commercialisation du lait produit

Cette reprise de la production se fait "sans commercialisation pour le moment et sous contrôle des services d'inspection", explique Fany Molin, porte-parole de la Direction générale de l'Alimentation (DGAL), dépendant du ministère de l'Agriculture. "Le préfet prend son arrêté aujourd'hui et réautorise l'utilisation de la tour de séchage numéro 2 et des lignes de conditionnement" pour produire de la poudre de lait infantile, ajoute-t-elle.

Le préfet assortit cette réouverture d'un certain nombre de conditions : la consigne de toute la production, mais aussi la réalisation d'un plan de surveillance renforcé, d'analyses sur tous les produits qui sont fabriqués ou encore l'obligation de transmission à la DDPP (direction départementale de protection des populations) de tous les résultats d'autocontrôles.

"On attendait avec impatience l'autorisation"

La tour de séchage numéro 1 du site, qui avait été contaminée par les salmonelles, est pour sa part définitivement fermée. "Aujourd'hui il y a eu des travaux. Ce qui était important, c'est surtout que la tour numéro 1 ait été arrêtée. Compte tenu du fait qu'on a une seule tour de séchage sur le site de Craon, on a remis en place un flux des matières et beaucoup de travaux ont été faits dans ce cadre. On a aussi revu tout le plan de maîtrise sanitaire avec les autorités", a déclaré à l'AFP Michel Nalet, directeur de la communication de Lactalis.

"Il n'y a plus de chômage technique depuis un moment. On attendait avec impatience l'autorisation pour que les salariés de l'usine puissent retravailler comme avant début décembre", ajoute-t-il.