La loi sur l'alimentation n'a pas provoqué d'augmentation globale des prix en supermarché, selon une étude

La loi sur l'alimentation doit entraîner des hausses de tarifs de 4% sur plusieurs produits de grande consommation. Mais dans le même temps, les prix d'autres produits baissent, ainsi que les marges des distributeurs.

Dans un supermarché de Lens (Pas-de-Calais), le 1er février 2019.
Dans un supermarché de Lens (Pas-de-Calais), le 1er février 2019. (DENIS CHARLET / AFP)

L'envolée des tarifs n'a pas eu lieu. Contrairement à ce qui était redouté par certains, la loi sur l'alimentation a pour l'instant eu un effet "nul et indolore" sur les prix des produits alimentaires vendus en supermarchés, selon une étude du cabinet Iri, spécialisé dans les panels de prix, rendue publique jeudi 21 février.

Le cabinet Iri a étudié les prix des produits de grande consommation vendus en grandes surfaces alimentaires entre la semaine du 4 au 10 février et celle du 7 au 13 janvier, afin de mesurer l'effet de la loi. L'enquête inclut aussi des produits non concernés par la loi (hygiène, droguerie, entretien).

Dix centimes de plus sur le panier moyen

Résultat : l'inflation de 0,13% sur les marques nationales (Nutella, Coca-Cola...) est "compensée" par une déflation des marques de distributeurs de 0,31%, "en phase avec les annonces de baisses de prix" des distributeurs. Quant au panier moyen payé par le consommateur, son augmentation n'est que de 10 centimes, selon l'étude. "A contenu strictement équivalent, il passe de 94,90 euros en janvier à 95 euros en février."

La loi alimentation, destinée à favoriser le revenu des agriculteurs, doit entraîner à terme des hausses de tarifs sur 4% des produits de grande consommation et des produits "d'appel" – comme le Nutella ou le Coca Cola – que les distributeurs doivent désormais vendre à des prix supérieurs d'au moins 10% aux tarifs auxquels ils les ont achetés.

L'objectif affiché par le gouvernement est que les augmentations de marge dont bénéficie la distribution sur les produits de grande consommation lui permettent de comprimer ses marges sur d'autres produits issus de l'agriculture, afin de mieux rémunérer paysans et producteurs.