Invendus : pourquoi aussi peu de recyclage ?

Les marques sont désormais sommées par le gouvernement de ne pas détruire leurs invendus, mais de les donner ou les recycler. Les précisions du journaliste David Boéri sur le plateau de France 3.

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Le gouvernement a fait part de son intention, mardi 4 juin, d'interdire en France la destruction des invendus non alimentaires. Visiblement, ce n'est pas un réflexe pour les entreprises. "Détruire des vêtements neufs, moralement, cette pratique est bien sûr indéfendable. Économiquement, elle peut parfois se justifier quand le coût du stockage ou du recyclage des invendus est jugé supérieur au coût de fabrication, ou quand la destruction est jugée nécessaire pour une question de propriété intellectuelle", explique le journaliste David Boéri sur le plateau du 19/20. "Mais les professionnels du textile en France que nous avons pu contacter nous expliquent que ce sont des cas très rares, des exceptions, car il existe de nombreuses filières en France ou à l'étranger pour écouler les stocks à tout prix, jusqu'au don en nature. L'an dernier, près de 720 000 vêtements neufs ont été redistribués à des personnes démunies", ajoute-t-il.

Le coût du recyclage intégré dans le prix de vente

Il existe déjà une filière de recyclage. "Elle fonctionne déjà pour les vêtements, le linge de maison ou les chaussures usagées. Comme pour les produits électroménagers ou informatiques, une contribution est prise sur chaque vente pour financer le recyclage. Près de 13 millions d'euros sont ainsi prélevés chaque année. La filière doit encore s'organiser pour recycler des produits neufs. Les débouchés ne sont pas les mêmes, mais le monde du textile s'y prépare. Le gouvernement avait déjà annoncé cette interdiction pour 2019 ; la loi promise avait pris du retard, elle sera donc finalement présentée cet été", conclut David Boéri.

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Dans une usine de recyclage de plastique à Rocquancourt, dans le Calvados, en 2016. 
Dans une usine de recyclage de plastique à Rocquancourt, dans le Calvados, en 2016.  (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)