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Fruits et légumes : "Le prix que les consommateurs paient est trop cher"

Raymond Girardi, de la Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux, a dénoncé les marges réalisées par les intermédiaires entre producteurs et consommateurs à l'occasion de la grande vente solidaire de fruits et légumes de la place de la Bastille, à Paris.

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Radio France
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La grande vente solidaire de fruits et légumes de la place de la Bastille, à Paris, le 17 août 2017.  (GUY REGISTRE/FRANCEINFO)

Une grande vente solidaire de fruits et légumes est organisée jeudi 17 août place de la Bastille, à Paris, à l'initiative du syndicat du Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef) et dans plusieurs villes d'Ile-de-France. L’été dernier, 50 tonnes de produit frais avaient été mises en vente dans toute l’Ile-de-France. "Le prix que les consommateurs paient tout au long de l'année est trop cher", a expliqué sur franceinfo Raymond Girardi, vice-président de la Confédération syndicale agricole des exploitants familiaux (Modef).

franceinfo : Pourquoi organisez-vous ces ventes ?

Raymond Girardi : C'est une opération de sensibilisation auprès des consommateurs parisiens sur la situation des producteurs de fruits et légumes en France. On met en contact les producteurs et les consommateurs, avec une vente au juste prix, celui qui permet d'avoir une rémunération pour les agriculteurs et un prix convenable pour la personne qui achète. C'est aussi l'occasion de parler d'un problème très grave pour la France et les consommateurs qui concernent les importations.

Les prix appliqués ne sont pas les bons selon vous ?

On considère que le prix que les consommateurs payent tout au long de l'année est trop cher. En même temps, les producteurs n'ont pas de prix rémunérateur et on ne peut pas gagner notre vie, ce qui fait que la moitié d'entre-eux ont disparu depuis une vingtaine d'années. Aujourd'hui, la France ne produit que 60 % de ses besoins en fruits et légumes. Prenons la tomate et le melon que l'on va vendre à 1,5 euro le kilo. Dans ce prix, il y a à la fois la rémunération de l'agriculteur et en même temps l'expression d'une marge normale de la grande distribution. Ces mêmes fruits et légumes sont vendus à Paris-banlieue à 2,5 euros, 3 euros, 3,5 euros. Donc, on considère que le prix à la distribution est prohibitif. Il ne permet pas de rémunérer l'agriculteur et c'est trop cher pour le consommateur.

A qui revient la faute ?

C'est à cause des intermédiaires, que ce soient les centrales d'achat, les centrales de distribution ou les importateurs, c'est-à-dire ceux qui se trouvent entre le producteur et le consommateur. Si les producteurs viennent dans les grandes villes de France pour vendre en direct, cela permet à la fois de pouvoir produire et vendre nous-mêmes nos produits. Comme cette démarche est de plus en plus populaire auprès des consommateurs, notre initiative contribue à en parler et à faire la démonstration que l'on peut le faire. Si une partie des ventes des fruits et légumes était pratiquée directement par les agriculteurs, cela permettrait de contrecarrer les marges abusives de la grande distribution.

Que pensez-vous des importations ?

C'est une concurrence déloyale pour nous, producteurs français et c'est aussi un risque pour l'environnement et la santé publique. Nous avons une réglementation très stricte au niveau des pesticides. Depuis 25 ans, 300 molécules sont interdites. On ne peut plus les utiliser en France, sinon c'est un délit. Mais ces mêmes molécules continuent d'être utilisées en Espagne, au Maroc, en Afrique centrale ou en Amérique du Sud.

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