Jean-Claude Mas, mis en cause dans le scandale sanitaire des prothèses mammaires PIP, est mort

Fondateur de la société PIP, il avait été condamné à quatre ans de prison ferme en 2016.

Le fondateur des prothèses mammaires PIP Jean-Claude Mas quitte le tribunal d\'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), le 2 mai 2016.
Le fondateur des prothèses mammaires PIP Jean-Claude Mas quitte le tribunal d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), le 2 mai 2016. (BORIS HORVAT / AFP)

Il était au cœur d'un scandale sanitaire qui a touché 400 000 femmes. Jean-Claude Mas, le fondateur de la société de prothèses mammaires PIP, est mort, à l'âge de 79 ans, a annoncé son avocat à l'AFP jeudi 4 mars.

"J'ai eu sa compagne en larmes ce matin, elle m'a annoncé qu'il était décédé dans la clinique où il avait été admis pour une opération", a précisé l'avocat, Yves Haddad, à l'AFP, confirmant une information de Var-Matin. Selon l'avocat, Jean-Claude Mas souffrait notamment de problèmes cardiaques et de diabète.

En mai 2016, Jean-Claude Mas avait été condamné par la cour d'appel d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) à quatre ans de prison ferme et 75 000 euros d'amende, pour fraude aggravée et escroquerie à l'égard de la société allemande de certification TÜV, qu'il avait bernée sur la composition de son gel pour prothèses.

Des prothèses avec du silicone industriel

Il avait effectué huit mois de détention provisoire en 2012, mais n'a jamais été incarcéré après sa condamnation en appel en 2016.

Il était toujours mis en examen dans deux autres procédures, l'une pour homicide et blessures involontaires, l'autre concernant les aspects financiers de l'affaire. 

Pour fabriquer ses prothèses mammaires, PIP se servait en partie, au lieu d'un gel autorisé, d'un silicone industriel normalement utilisé dans la composition d'équipements électroniques, au mépris de toute norme sanitaire. Au total, près d'un million de prothèses mammaires ont été écoulées entre 2001 et 2010 par PIP, au mépris de toute norme sanitaire. Le nombre de femmes victimes à divers degrés dans le monde est évalué à 400 000.

Sur Twitter, Laurent Gaudon, avocat d'environ 7 000 plaignantes dans ce dossier, a déploré qu'il n'ait jamais purgé sa peine.