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Cour suprême des États-Unis : Donald Trump a déjà sa short-list pour désigner sa candidate

La juge Amy Coney Barrett, conservatrice, a de grandes chances d'être proposée par le président américain pour remplacer Ruth Bader Ginsburg, morte le 18 septembre.  

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La Cour suprême américaine, à Washington.
La Cour suprême américaine, à Washington. (ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

La guerre politique qui s'est engagée pour nommer un nouveau magistrat à la Cour suprême des États-Unis après la mort de Ruth Bader Ginsburg se poursuit. Le président américain est en train de faire son choix pour lui trouver un ou une remplaçante. Ce sera a priori une femme, conservatrice. Donald Trump a promis qu'il dévoilerait le nom de sa candidate samedi 16 septembre en fin d'après-midi, à la Maison Blanche. On sait que le président a le sens du teasing et de la mise en scène, et il entretient un peu le suspense.

Une fervente catholique comme favorite

Mais tout le monde à Washington, ou presque, pense qu'il va présenter la candidature d'Amy Coney Barrett. C'est une professeure de droit de 48 ans, mère de sept enfants, catholique fervente et juge fédérale à Chicago depuis trois ans. Elle est connue pour avoir des valeurs religieuses traditionalistes, même si Amy Coney Barrett a su faire la différence entre sa foi et sa responsabilité de magistrate.

Sur les questions sociétales, elle est très prudente et, par exemple, ne se prononce pas sur l'arrêt Roe vs Wade de 1973, qui avait légalisé l'interruption volontaire de grossesse aux États-Unis. Un droit menacé aujourd'hui. Pourtant, Amy Coney Barrett peut compter sur le soutien complet des groupes anti-avortement.

Elle est aussi favorable à l'invalidation totale du système Obamacare. Si Trump la retient et si sa nomination est ensuite validée par le Sénat, Amy Coney Barrett serait la seule femme conservatrice de la Cour suprême, groupe de neuf magistrats. Les deux autres femmes sont considérées comme progressistes.

Un autre nom circule, celui de Barbara Lagoa : une Américano-cubaine de 52 ans, magistrate à la Cour suprême de Floride. Ce choix serait un signal adressé aux habitants de cet État clé, mais aussi à la communauté latino. C'est malgré tout Amy Coney Barrett qui tient la corde. Elle a d'ailleurs été reçue assez longuement par Donald Trump à la Maison Blanche, lundi après midi. Sans doute un signe.

La Cour suprême bientôt largement aux mains des conservateurs ?

Si Donald Trump gagne son pari, les États-Unis auront bientôt une Cour suprême largement dominée par les conservateurs avec six juges conservateurs contre trois progressistes. Des juges nommés à vie. Trois auront été désignés par Donald Trump au cours de ce premier mandat. Un gain politique considérable pour le président sortant,  qui pèsera pendant des années. Ces juges sont nommés à vie et statuent sur des questions aussi essentielles que les libertés individuelles, le port d'arme, le droit à l'avortement mais aussi la bonne tenue des élections.

La Cour suprême américaine, à Washington.
La Cour suprême américaine, à Washington. (ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)