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Vous en parlerez aujourd'hui. Le Brexit fait flamber les prix des appartements à Paris

Tous les jours, Jean-Mathieu Pernin repère une info à partager, à la machine à café ou sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, la vente record d'un appartement dans le 7ème arrondissement parti pour 39 millions d'euros, acheté par un industriel qui a fui Londres et le Brexit.

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Immeuble avenue de l\'Opéra, à Paris. (Illustration)
Immeuble avenue de l'Opéra, à Paris. (Illustration) (VINCENT ISORE / MAXPPP)

16 pièces, un jardin de 300 mètres carrés, un rez-de-chaussée et un 1er étage de 1 000 mètres carré, situé rue des Saints-Pères, dans le 7ème arrondissement de Paris, vendus pour 39 millions d’euros. C'est le record enregistré par l'agence d'immobilier de collection, Philippe Menager-Nicolas Hug, pour la vente d’un appartement dans la capitale. L'heureux nouveau propriétaire, dont on ne connaît pas l’identité, est un industriel européen. Vu la somme investie, on comprend mieux pourquoi il souhaite rester discret. Une seule information a fuité. Cet acheteur vient de Londres, inquiet des conséquences du Brexit, il a préféré partir.

Les industriels installés à Londres se réfugient en France

Il n'est pas le seul à investir dans la capitale française. C’est une tendance. Pour l’instant minoritaire, elle se confirme. Le Brexit pousse les plus fortunés, et notamment des Français, à se rapatrier vers les quartiers de luxe de Paris. 

Vivant à Londres, avec un haut salaire, la mère patrie leur paraît forcément moins chère et donc ils font flamber le marché immobilier, en achetant des biens à des prix exorbitants. Les 7ème et 8ème arrondissements sont leurs préférés. Ils investissent également à Neuilly quand ils ne trouvent pas dans le 7ème ou se rabattent, presque la mort dans l’âme, sur le 16ème arrondissement.

Des conséquences pour les ménages modestes

Si cela ne concernait que ces arrondissements déjà connus pour leurs loyers conséquents, cela serait un épiphénomène. Mais c’est tout Paris qui commence à souffrir de ces augmentations de prix. La capitale est devenue presque intouchable pour les revenus modestes. Elle se vide de sa mixité sociale et cela ne va pas s’arranger.

Il n'y a pas beaucoup d’appartements sur le marché alors il faut mettre le prix et certains en sont capables. Dans le quartier Montmartre-Pigalle, un appartement familial se vend 12 000 euros le mètre carré. Dans le Marais, certains biens atteignent les 25 000 euros le mètre carré. C’est toujours à ce moment que vous voyez en une de magazines : "Marché immobilier, ça repart !" mais ça repart pour qui en fait ?

Ça repart notamment pour ce genre de profil, ces effrayés du Brexit. Ce sont des couples de 40, 50 ans, des ménages travaillant dans la finance, avec un compte en banque sympathique. Petit à petit, le Brexit est en train de faire à Paris ce que de nombreux retraités britanniques ont fait en Dordogne ou dans la Creuse. Dans les années 90, ils ont investi dans des villages en perdition. Ils les ont fait revivre mais au passage ont fait augmenter les prix des maisons et des commerces. Grâce au Brexit, les campagnes et Paris se rapprochent. Le surendettement comme facteur de solidarité, c’est très 2019.  

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Immeuble avenue de l\'Opéra, à Paris. (Illustration)
Immeuble avenue de l'Opéra, à Paris. (Illustration) (VINCENT ISORE / MAXPPP)