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Un nouveau convoi de migrants se forme en Amérique centrale

Près de 1 000 personnes ont quitté ces dernières heures le Honduras, direction la frontière entre le Mexique et les États-Unis. Donald Trump en profite évidemment pour relancer son idée de mur.

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Des migrants qui se dirigent vers les États-Unis, après avoir passé la frontière entre le Honduras et le Guatemala, le 15 janvier 2019.
Des migrants qui se dirigent vers les États-Unis, après avoir passé la frontière entre le Honduras et le Guatemala, le 15 janvier 2019. (ORLANDO SIERRA / AFP)

Le convoi s’est constitué, via les réseaux sociaux, notamment Facebook. En l’espace de quelques heures, entre le lundi 14 janvier au soir et le mardi 15 janvier au matin, près de 1 000 personnes ont donc pris la route, le plus souvent à pied. En chantant l’hymne national du Honduras, parce que toutes ces personnes sont parties de San Pedro Sula, c’est la deuxième ville de ce pays de dix millions d’habitants, situé en plein cœur de l’Amérique centrale.

Beaucoup d’hommes, mais aussi des femmes et une cinquantaine d’enfants figurent dans cette "caravane". Quelques heures plus tard, ils étaient déjà à la frontière avec le Guatemala, plus au nord et ils ont passé la frontière de force. Ils se dirigent maintenant vers le sud du Mexique, où le gouvernement est en train de préparer une zone d’accueil, sur un terrain de football, à Suchiate, dans la région du Chiapas. Mais leur objectif, c’est évidemment de rejoindre les États-Unis. Ils vont donc traverser tout le Mexique : 4 000 kilomètres (c’est plus que la distance de Paris à Moscou), direction Tijuana, à la frontière, où les attend le mur. Bien entendu, Donald Trump a sauté sur l’occasion pour tweeter : "La plus grande caravane de migrants est en train de se former, un drone ne les arrêtera pas, il faut un mur".

Le Mexique pris entre deux feux

En fait, le sujet est encore plus problématique pour le Mexique : on en parle moins, parce que c’est moins spectaculaire que les gesticulations du président américain. Mais le fait est, que d’ores et déjà, l’immense majorité de ces migrants ne parvient pas à entrer aux États-Unis : 97% d’entre eux échouent, selon les estimations officielles des autorités du Honduras. Ils se retrouvent donc dans le nord du Mexique, dans un cul de sac, en particulier à Tijuana, où ils seraient déjà près de 10 000. Non seulement la ville mexicaine n’a pas les moyens de les accueillir, mais il y a désormais régulièrement des manifestations xénophobes, parce que les habitants de la ville et les Mexicains du Nord en général, ne voient pas ces migrants des pays voisins d’un bon œil. Le nouveau président mexicain, Andres Manuel Lopez Obrador, aimerait donc conclure un accord avec Donald Trump sur le mode : "D'accord je garde les migrants, mais vous m’aidez économiquement, en particulier pour des projets d’infrastructure dans le sud du pays".

Le double fléau de la violence et de la pauvreté

Ce flot qui vient du Honduras ne s'arrêtera sans doute pas, parce que vivre au Honduras est un peu un enfer. C’est l’un des 30 pays les plus pauvres au monde : deux habitants sur trois vivent sous le seuil de pauvreté. Surtout, la violence est omniprésente : 63 homicides pour 100 000 habitants, c’est l’un des taux les plus élevés au monde. Les gangs, les Maras, règnent en maîtres absolus, avec des pratiques souvent barbares. Une situation qui est en grande partie due au fait que le Honduras est devenu une plaque tournante du trafic de drogue, à mi-chemin entre la Colombie et les États-Unis. Le mur de Donald Trump n’y changera strictement rien. Le phénomène va continuer et c’est donc bien le Mexique qui se retrouve pris au milieu, entre le marteau et l’enclume.

Des migrants qui se dirigent vers les États-Unis, après avoir passé la frontière entre le Honduras et le Guatemala, le 15 janvier 2019.
Des migrants qui se dirigent vers les États-Unis, après avoir passé la frontière entre le Honduras et le Guatemala, le 15 janvier 2019. (ORLANDO SIERRA / AFP)