Simulacre électoral au Nicaragua

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Le dirigeant du Nicaragua Daniel Ortega et sa femme la vice-présidente Rosario Murillo sont assurés de rester au pouvoir pour un nouveau mandat, après le scrutin de dimanche qui leur accorde officiellement 75 % des voix. Un résultat dénoncé par les démocraties occidentales.

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Radio France
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Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, et son épouse et vice-présidente, Rosario Murillo, lors d'un message télévisé concernant les élections, à Managua (Nicaragua), le 7 novembre 2021. (CESAR PEREZ / NICARAGUAN PRESIDENCY)

"Une farce imposée au peuple du Nicaragua" selon Madrid, "une comédie ni libre ni juste et certainement pas démocratique" selon Washington. Le résultat du vote organisé dimanche 7 novembre pour permettre au clan Ortega de rester au pouvoir ne fait pas illusion. Il faut dire qu'avec un taux d'abstention de plus de 80% d'après l'opposition, ce score pharaonique de 75% des voix n'a rien de crédible. Et pour cause, tous les rivaux potentiels de Daniel Ortega ont été mis sous les verrous depuis juin dernier, en prévision de cette élection. En particulier Cristiana Chamorro – fille de l'ancienne présidente Violetta Chamorro – qui a été placée en détention à domicile. Elle était la favorite de l'opposition dans les sondages.

Ortega accroché au pouvoir

Daniel Ortega est un révolutionnaire emprisonné et torturé par la dictature de l'ancien président Somoza, qu'il contribue à renverser avec la guérilla sandiniste en 1979. Revenu au pouvoir en 2006, Daniel Ortega impose progressivement une main de fer sur le pays. En 2017, il nomme sa propre femme Rosario Murillo vice-présidente, avec l'argument désormais implacable de la parité et du féminisme. Les deux septuagénaires ont ensemble fait dériver le pays vers un régime féroce.

L'opposition dénonce un système où la corruption le dispute au népotisme. En 2018, le couple organise la répression de la contestation populaire. Bilan : plus de 300 morts et des centaines d'opposants emprisonnés, tandis que 100 000 Nicaraguayens prennent le chemin de l'exil. Toutes les lois votées au Parlement où le parti de Daniel Ortega détient les trois-quarts des sièges permettent désormais de surveiller les ONG, de museler l'opposition et la presse indépendante, et d'installer au Conseil suprême électoral des magistrats dociles.

La population dans l'impasse

Les Nicaraguayens doivent donc se résoudre à vivre sous la férule du clan Ortega pour cinq ans de plus ou à quitter ce pays de 6,5 millions d'habitants, ce à quoi beaucoup d'entre eux se résignent. Car le régime a beau être visé par des sanctions internationales, il tient le pouvoir solidement et bénéficie du soutien inconditionnel de la Russie, du Venezuela et de Cuba.

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