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Le salon automobile de Shanghai, symbole de la croissance chinoise retrouvée, ouvre ses portes

La plus grande ville de Chine accueille son salon automobile, l’un des cinq plus grands au monde. Il s'organise en "présentiel", un événement en soi.

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Des visiteurs au salon automobile de Shanghai, en Chine, le 20 avril 2021.
Des visiteurs au salon automobile de Shanghai, en Chine, le 20 avril 2021. (HECTOR RETAMAL / AFP)

C'est un emblème du redémarrage économique de la Chine, qui tourne la page de la pandémie de Covid-19 : le salon automobile de Shanghai se tient jusqu'au 28 avril, "pour de vrai", pas uniquement en ligne donc. On peut y aller physiquement, en tous cas les Chinois, puisque le pays est toujours fermé aux étrangers, pour cause d'épidémie.

Les chiffres sont vertigineux : 1 000 exposants, répartis dans 12 halls, sur 360 000 mètres carrés, des centaines de milliers de visiteurs attendus. La presse y a accès depuis le 19 avril. Ensuite, à partir du 21 avril, ce sont les journées entreprises, puis le grand public jusqu'au 28 avril, le tout sous le slogan "Embrassez le changement".

Les plus grands constructeurs sont là, à quelques exceptions près, dont Renault. Avec beaucoup de nouveautés sur les secteurs porteurs : les SUV ou les véhicules hybrides ou électriques. Mercedes, Ford, Volkswagen, Toyota, Lexus, Honda, tous dévoilent de nouveaux modèles. Côté français, Peugeot et Citroën sont de la partie. Les grands équipementiers sont également présents, par exemple Valéo ou Faurecia. Bref, les affaires reprennent, presque comme avant. Comme s’il n’y avait plus de virus.

Le plus grand marché automobile au monde

Le marché automobile chinois bat d’ailleurs des records : il est en pleine expansion. Au premier trimestre, il s’est vendu six millions et demi de véhicules en Chine. C’est 75% de plus que l’an dernier, ce qui est normal, puisqu'on était alors en plein ralentissement économique en Chine avec la pandémie. Chiffre plus intéressant : c’est aussi 2% de plus qu’en 2019, il y a deux ans. On est donc bien sur une vraie reprise de croissance, pas un simple rattrapage.

La Chine compte désormais près de 400 millions de véhicules, six millions de voitures rien qu’à Pékin. C’est devenu le premier marché au monde, avec un essor rapide des ventes de véhicules 100% électriques et beaucoup de sociétés en "joint-venture", en entreprise commune avec des firmes occidentales, comme Volkswagen, General Motors ou Daimler. On commence d’ailleurs à voir aussi apparaître des voitures chinoises en Europe, comme celles de BYD.

Un PIB en hausse de 18% au 1er trimestre

Ce salon de Shanghai, c’est donc aussi un symbole d’une économie chinoise qui a mis la crise du coronavirus derrière elle : comme l’épidémie est maîtrisée en Chine, l’économie est vivement repartie, avec 18% de croissance du produit intérieur brut au premier trimestre de cette année. Le repli enregistré l’an dernier sur 12 mois est quasiment rattrapé. La croissance devrait s’élever à 6% cette année, si l’on en croit les prévisions du gouvernement.

Elle reste portée par les exportations, en particulier l’électronique et le matériel de santé : c’est une conséquence directe de la pandémie et de l’essor du télétravail dans le monde. L’excédent commercial au premier trimestre est vertigineux, avec une hausse de 690%. La consommation intérieure, elle, reste un peu en repli, même si des secteurs comme le transport aérien ou donc l’automobile, repartent fort. La moins bonne nouvelle, c’est que ça s’accompagne aussi d’un regain des émissions de gaz à effet de serre, en particulier de charbon.

Des visiteurs au salon automobile de Shanghai, en Chine, le 20 avril 2021.
Des visiteurs au salon automobile de Shanghai, en Chine, le 20 avril 2021. (HECTOR RETAMAL / AFP)