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Le nouveau président mexicain se serre la ceinture

Andres Manuel Lopez Obrador a pris ses fonctions le 1er décembre, et ses premières décisions sont spectaculaires : il ouvre le palais présidentiel au public et renonce au Boeing de la présidence.

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Le président mexcicain Andres Manuel Lopez Obrador le 3 décembre 2018.
Le président mexcicain Andres Manuel Lopez Obrador le 3 décembre 2018. (ALFREDO ESTRELLA / AFP)

La politique est souvent affaire de symboles. Et en la matière, Andres Manuel Lopez Obrador s’y entend. Le président mexicain a pris ses fonctions samedi dernier 1er décembre. Premières décisions : il ouvre le palais et il vend l’avion de la Présidence. Dans ce pays de 130 millions d’habitants grand comme trois fois la France, c’est une petite révolution : les dirigeants politiques avaient pris l’habitude de vivre dans le luxe. AMLO, ce sont ses initiales et son surnom, fait très différemment. Il a donné le ton dès la cérémonie d’investiture, où il est arrivé dans sa voiture personnelle, une Volkswagen. Et il a immédiatement fait ouvrir au public le gigantesque palais présidentiel, Los Pinos, Les Pins. Quatorze fois la taille de la Maison Blanche, des pièces immenses, un cinéma privé, et de nombreuses œuvres d’art. En un week-end, près de 100.000 Mexicains ont déjà visité les lieux. AMLO, lui, a choisi de vivre chez lui. Et dans la foulée, il a donc annoncé la vente du Boeing 787 présidentiel. Mis aux enchères pour 190 millions d’euros. Il est aussi question de vendre plusieurs autres avions et hélicoptères appartenant à la Présidence. AMLO voyagera désormais en vol commercial.  

Un salaire réduit de moitié

Evidemment, tout cela fait un peu démagogique, d’autant qu’il y a encore d’autres mesures du même tonneau à venir : le nouveau président a aussi l’intention de réduire son salaire de moitié et de limiter sa sécurité rapprochée. Il dit faire "confiance au peuple" pour le protéger. Andres Manuel Lopez Obrador, le premier président de gauche de l’histoire moderne du Mexique, veut évidemment signifier une rupture avec ses prédécesseurs et plus globalement avec l’arrogance qui est souvent reprochée aux élites (on en a encore l’illustration dans l’actualité française). Ces premières mesures sont évidemment populaires au sein de la population mexicaine.  

Un cocktail explosif

Mais le plus dur est à venir : les sujets de fond. Avec au moins trois dossiers explosifs sur la table. Le premier c’est la violence : le Mexique est rongé par les guerres entre narcotrafiquants. Près de 30.000 homicides l’an dernier. AMLO propose une loi d’amnistie pour "repartir de zéro" : c’est une idée très controversée. Deuxième sujet : les relations avec le grand voisin du Nord, les Etats-Unis en particulier sur la question des migrants qui essaient de rentrer illégalement sur le sol américain. Le président mexicain voudrait conclure un accord avec Donald Trump : je garde les migrants chez moi, mais en échange vous m’aidez économiquement. Enfin troisième sujet : l’économie et la corruption. AMLO dit vouloir limiter les profits des banques et les chantiers pharaoniques. Première décision emblématique : l’arrêt de la construction du nouvel aéroport de Mexico. Mais le président risque de se mettre à dos les grands patrons. Gros bras de fer en perspective.      

Le président mexcicain Andres Manuel Lopez Obrador le 3 décembre 2018.
Le président mexcicain Andres Manuel Lopez Obrador le 3 décembre 2018. (ALFREDO ESTRELLA / AFP)