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La Centrafrique plonge à nouveau dans la violence alors qu'ont lieu des élections

Les élections présidentielle et législatives auront lieu dimanche en Centrafrique sur fond de reprise des violences.  

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Des voyageurs font demi-tour sur une route de Boali, en Centrafrique, le 22 décembre, en raison de violences entre groupes armés et forces centrafricaines.
Des voyageurs font demi-tour sur une route de Boali, en Centrafrique, le 22 décembre, en raison de violences entre groupes armés et forces centrafricaines. (ALEXIS HUGUET / AFP)

En Centrafrique, petit état d'Afrique centrale (moins de 5 millions d'habitants) et l'un des plus pauvres au monde malgré ses richesses en diamants, ont lieu dimanche des élections présidentielle et législatives sous très haute tension.

La Centrafrique... Son nom seul suffit à situer géographiquement ce pays, un nom surtout synonyme d'effroi. Le souvenir de la terrible guerre civile de 2013 avec des rivalités ethniques instrumentalisées par les belligérants, l'affrontement de milices, les anti balakas, les selekas, l'ingérence de puissances étrangères. Un conflit où la France a dépêché ses soldats, dans le cadre de l'opération Sangaris, pour mettre fin aux violences, qui ont fait des milliers de victimes et forcé plus d'un million de personnes à fuir leur foyer.

L'alliance des groupes armés

Après des années d'équilibre instable, les violences ont repris la semaine dernière à l'approche des élections législatives et présidentielles prévues le 27 décembre. En fin de semaine, les groupes armés qui tiennent une grande partie du pays ont fusionné pour coordonner leurs actions et asphyxier la capitale, Bangui. Mardi c'est Bambari, la 4e ville du pays, à 380 km au nord, qui est tombée aux mains d'un de ces groupes.

Les groupes armés sont entrés en action après l'invalidation de la candidature à l'élection de dimanche de François Bozizé, l'ancien président renversé en 2013.

C'est la cour institutionnelle qui a invalidé sa candidature en estimant qu'il était lié à ces groupes armés responsables de crime de guerre et de crime contre l'humanité. De fait, deux dirigeants des milices anti-balaka, proches de François Bozizé sont effectivement aux mains de la Cour pénale internationale.

Accusé par les autorités centrafricaines de chercher à fomenter un coup d'état, François Bozizé dément. Depuis des années, il est soupçonné d'attiser l'instabilité du pays dans l'ombre en agitant les groupes armés depuis son exil au Cameroun puis en Ouganda.

Bozizé en mode reconquête

Toujours ulcéré d'avoir été forcé à quitter le pouvoir, il a effectué son retour en politique il y a plusieurs mois déjà, préparant le terrain pour une reconquête du pouvoir en multipliant les rencontres avec les dirigeants des pays voisins, et en passant des alliances avec groupes armés dans les régions où son clan n'est pas majoritaire.

Mais l'actuel président centrafricain Faustin Archange Touadéra, lui, n'a pas lui l'intention de céder le pouvoir. Un pouvoir qu'il a conquis précisément en 2016 à la suite du renversement de François Bozizé. Fort du soutien du Rwanda dont les troupes constituent l'essentiel des casques bleus mobilisés en Centrafrique, Faustin ArchangeTouadéra s'appuie également sur la Russie avec qui la Centrafrique a passé des accords, notamment en terme d'exploitations minières, et qui vient d'envoyer un renfort de "300 instructeurs militaires" pour aider les forces centrafricaines à maintenir le calme.

Moscou , la carte jouée par les actuelles autorités centrafricaines pour remplacer le soutien de Paris pour qui la Centrafrique restait un pivot et un symbole de son influence en Afrique centrale.

Des voyageurs font demi-tour sur une route de Boali, en Centrafrique, le 22 décembre, en raison de violences entre groupes armés et forces centrafricaines.
Des voyageurs font demi-tour sur une route de Boali, en Centrafrique, le 22 décembre, en raison de violences entre groupes armés et forces centrafricaines. (ALEXIS HUGUET / AFP)