L'insécurité alimentaire aiguë progresse dans le monde pour la quatrième année consécutive

Près de 800 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde.
Article rédigé par France Info - Nathanaël Charbonnier
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Une brigade du programme de la banque alimentaire intervient dans la communauté de Witka près de Manaure, dans le département de La Guajira, en Colombie, le 24 février 2023. (JOAQUIN SARMIENTO / AFP)

En 2022, ce sont 258 millions de personnes qui ont eu besoin d'une aide alimentaire d'urgence pour survivre. Le chiffre était de 193 millions un an plus tôt. L'insécurité alimentaire aiguë progresse "pour la quatrième année consécutive", avec des millions de personnes "souffrant d'une faim si sévère qu'elle menace directement leur vie", soulignent les acteurs du secteur qui réunit notamment l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) ou encore l'Union européenne.

La première chose qu'il faut avoir en tête, c'est que l'on ne parle ici que de l'aide alimentaire d'urgence qui augmente, c'est-à-dire là où l'on intervient pour soutenir les populations. Quelque 258 millions de personnes, c'est 60 millions de plus qu'il y a deux ans, avec 58 pays concernés dont la République démocratique du Congo, l'Éthiopie, l'Afghanistan, le Nigéria ou encore le Yémen. 

Et ces mauvais chiffres sont tout sauf une surprise. Dès septembre dernier, certains tiraient déjà la sonnette d'alarme, avec un autre chiffre encore plus impressionnant : celui des personnes qui souffrent de la faim dans le monde. Cela représente autour de 800 millions d'individus sur la planète.

Les conflits : premier facteur des crises alimentaires

Si les causes de la malnutrition sont multiples mais elles ont un point commun : elles sont toutes liées à l'attitude de l'homme sur terre. "Les conflits restent le principal moteur des crises alimentaires", c'est ce que souligne en tout cas dans un rapport, la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture avec des conséquences auxquelles on ne pense pas comme l'augmentation du prix des engrais et des denrées, ce qui est fatale pour les plus démunis. 

Quand ce ne sont pas les guerres, c'est le réchauffement climatique dû à l'action humaine qui aggrave la situation. L'exemple qui fait peur cette année est celui connu sous le nom d'El Niño. L'Organisation météorologique mondiale estime désormais qu'il y a  60% de chances qu'El Niño se développe d'ici la fin juillet avec à l'arrivée plus de sècheresses et d'inondation partout sur la planète. 

Les ONG tirent sans cesse la sonnette d'alarme car elles manquent de moyens, avec une priorité absolue, celle de sauver le maximum d'enfants. C'est le premier devoir des adultes de protéger et de sauver les enfants. Et la malnutrition, ce n'est pas qu'une histoire de nombre de repas, comme l'explique Delphine Pinault responsable humanitaire chez Care. Sauver un enfant c'est d'abord lui permettre de devenir un homme. "On va peut-être sauver des vies en apportant à un enfant de deux ans un repas par jour. Mais quelle est la qualité de ce repas", s'interroge-t-elle. "Il y a tellement de formes de malnutrition que l'enfant va peut-être rester en vie mais ne va pas se développer comme il le faut", ajoute-t-elle en évoquant les 1 000 premiers jours de l'enfant, qui incluent la période de grossesse où l'alimentation et la qualité "est absolument cruciale pour faire en sorte que ces enfants deviennent des adultes en bonne santé"

Les ONG demandent aussi que le monde politique se mobilise pour investir dans l'agriculture, pour limiter l'impact du réchauffement climatique ou encore en prévenant les conflits, car c'est selon elles, d'abord une histoire de volonté. 

 

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