L'Association des nations d'Asie du Sud-Est peut-elle ramener la paix en Birmanie ?

Les nations d'Asie du Sud-Est réunis en sommet, dès mardi, cherchent à stopper la violence du régime birman, alors que des humanitaires et des diplomates de l'organisation ont été pris pour cible, il y a quelques jours.
Article rédigé par France Info, Bertrand Gallicher
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
La chaise vacante de la délégation birmane pour le sommet de l'ASEAN en Indonésie. Le 09 Mai 2023. (MAST IRHAM / POOL)

Les pays d'Asie du Sud-Est - qui se retrouvent à partir de mardi 9 mai en Indonésie - cherchent à stopper la brutalité des généraux au pouvoir en Birmanie. Une question centrale pour le sommet de l'ASEAN, alors que le régime birman multiplie les violences aveugles. Les diplomates étrangers ne sont pas épargnés. 

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Des diplomates et des responsables de l'aide humanitaire fournie par l'Association des nations d'Asie du Sud-Est ont été pris dans un échange de tirs dimanche dans l'est de la Birmanie. Les représentants des ambassades d'Indonésie et de Singapour qui se trouvaient dans le convoi attaqué n'ont pas été blessés. Mais cet épisode, évidemment condamné par les deux États, renforce l'inquiétude de l'ensemble des pays de la région. Ils ne voient pas d'issue à la crise dans laquelle s'enfonce la Birmanie. Et la dictature birmane reste sourde aux messages de ses voisins.

 

Une violence sans limites

La junte birmane continue de s'en prendre à des populations civiles, en plus de la répression contre les opposants politiques, les défenseurs des droits de l'homme et les journalistes. Il y a un mois l'armée a bombardé un village du centre du pays, tuant 170 personnes parmi lesquelles des enfants, selon Human Rights Watch. L'organisation humanitaire assure que les militaires ont utilisé une bombe dite "thermobarique". Une arme redoutable appelée aussi "bombe à vide" qui combine les effets d'onde de choc et de dépression en répandant d'abord un produit gazeux qui est ensuite enflammé. Un crime de guerre selon Human Rights Watch. Les militaires birmans affirment avoir visé un rassemblement d'opposants armés dans une zone tenue par les rebelles.

Timides efforts diplomatiques sur une île indonésienne

 

À la mi-avril l'ASEAN, l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est avait condamné le bombardement des civils et appelé à la fin des violences. Ce qui était une forme de service minimum. Aujourd'hui c'est une chaise vide qui représente la Birmanie à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'ASEAN, sur l’île touristique de Flores, en Indonésie.

Le régime birman n'est pas formellement exclu de l'organisation mais n'a plus le droit de participer aux réunions de haut niveau.

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Les 9 autres pays appellent à la mise en oeuvre d'un plan de paix déjà présenté il y a deux ans et resté sans suite. Au-delà de cette réunion diplomatique organisée sous la protection de navires de guerre et de 9 000 soldats, la situation reste dramatique en Birmanie. Les Rohingyas - dont des centaines de milliers ont fui ces dernières années vers le Bangladesh - sont toujours persécutés et à la frontière de la Thaïlande des combats opposent encore l'armée à des guérillas ethniques.

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