JO 2022 : le boycott diplomatique des Jeux de Pékin s'annonce très parcellaire

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Les JO d’hiver de Pékin démarrent le vendredi 4 février. Les Etats-Unis ont initié un boycott diplomatique mais ce boycott ne s’annonce pas massif.

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Installations olympiques à Pékin (Chine) le 15 décembre 2021 (SEBASTIEN BERRIOT / FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Les comptes seront faits le vendredi 4 février à 13h, puisque ce sera le moment de l'ouverture officielle des Jeux. Mais à ce stade ce sont uniquement Washington et ses alliés anglo-saxons qui ont choisi cette formule du boycott diplomatique. Rappelons que ce n’est pas un boycott sportif, comme par exemple lors des Jeux de Moscou en 1980. Cette fois-ci les athlètes sont tous autorisés à se déplacer. En revanche, ça implique l’absence de tout représentant politique officiel.

Les Etats-Unis entendent ainsi protester contre la répression chinoise contre la minorité musulmane des Ouighours dans la région du Xinjiang. Et c’est évidemment un épisode de plus dans le climat de guerre froide entre Washington et Pékin. Après l’annonce américaine début décembre, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie ont adopté la même position : pas de délégation officielle, aucun ministre et encore moins de chef de gouvernement. Cela s’inscrit aussi dans un paysage global de relations diplomatiques très tendues entre ces pays et la Chine. Et finalement la liste s’arrête à peu près là, des capitales qui assument un boycott diplomatique officiel en raison de la question des Ouighours.

Poutine en tête d'affiche des présents

À l’inverse, il y a ceux qui seront là et bien là. En tête de liste, Vladimir Poutine. Le président russe côte à côte avec le président chinois Xi Jinping, ce sera sans doute l’une des images marquantes de la cérémonie d’ouverture. D’autant qu’en théorie, les dirigeants russes sont bannis des compétitions olympiques, après la découverte d’un système de dopage généralisé dans le pays. Seuls quelques athlètes russes peuvent concourir sous bannière neutre.

Mais en l’occurrence, Vladimir Poutine possède une dérogation puisqu’il a été officiellement invité par son homologue chinois. La cérémonie d’ouverture de vendredi prochain sera même précédée d’un sommet Chine-Russie à Pékin. Tout un symbole, en pleine crise entre Moscou et l’Occident au sujet de l’Ukraine.

Hormis Poutine, une bonne vingtaine de chefs d’Etat et de gouvernement sont attendus. La liste est parue ce matin dans la presse officielle chinoise. On y trouve essentiellement des dirigeants autoritaires comme l'Égyptien Sissi, le Saoudien MBS ou le Kazakh Tokaiev. Et aussi plusieurs dirigeants d’Asie ou du Moyen-Orient : le roi du Cambodge, la présidente de Singapour ou le Premier ministre du Pakistan. Ce dernier pays constitue un axe majeur de la stratégie chinoise des "Nouvelles routes de la soie". Ajoutons le secrétaire général de l’ONU Antonio Gutteres, également annoncé, et deux présidents européens, là encore des figures autoritaires, le Polonais Duda et le Serbe Vucic.  

Pas de position commune des 27 Européens

Et puis il y a le troisième et dernier cas de figure, tous les pays "entre deux" : ni présence, ni boycott officiel, c’est finalement la majorité. Il y a ceux qui vont boycotter mais sans prononcer le mot boycott, par exemple le Japon ou les Pays-Bas. Et puis tous ceux qui vont faire le service minimum. Par exemple la France, qui prévoit d’envoyer uniquement la ministre des Sports Roxana Maracineanu, et encore sans doute pas aux cérémonies d’ouverture et de clôture.

En fait, de nombreux diplomates jugent improductif ce type de boycott et soulignent que cela ne changera rien à l’attitude de la Chine vis-à-vis des Ouighours. On notera aussi au passage que les 27 de l’Union européenne ne sont pas parvenus à adopter une position commune sur le sujet.  

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