Entre Israël et les Emirats, la lune de miel continue

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Le chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid a inauguré mardi la première ambassade de l'Etat hébreu à Abou Dhabi. Malgré la récente guerre à Gaza, les Emirats arabes unis et Israël n'ont pas l'intention de freiner leur rapprochement.

Article rédigé par
Christian Chesnot - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Le ministre des Affaires étrangères israélien Yair Lapid (gauche) et le ministre d'État aux Émirats arabes unis Ahmed Al Sayegh (droite) se rencontrent à Abu Dhabi, le 29 juin 2021. (HANDOUT / MAXPPP)

Outre l'ouverture la première ambassade de l'Etat hébreu à Abou Dhabi, le ministre israélien des Affaires étrangères, Yaïr Lapid, a aussi inauguré mardi 29 juin le consulat israélien installé dans le quartier financier à Dubaï, ainsi que le pavillon israélien à l'Exposition universelle qui doit ouvrir ses portes en octobre prochain.

A l’origine c'est l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahou qui aurait dû accomplir cette visite historique en février dernier, mais un différend avec la Jordanie sur le survol de son territoire avait fait capoter ce déplacement dans le Golfe. Depuis, "Bibi" n'est plus au pouvoir.

Les affrontements à Jérusalem puis l'épisode guerrier avec le Hamas à Gaza avaient provisoirement refroidi le processus de rapprochement entre les Emirats et Israël. Ce n'était que pour faire profil bas face aux critiques d'une partie du monde arabe qui dénonçait la normalisation entre les deux États. Ainsi, Abou Dhabi n'avait pas rappelé en consultation son ambassadeur à Tel Aviv. Car pour les Emiratis, il n'est pas question de revenir sur la paix avec l'Etat hébreu.

Des enjeux stratégiques

La normalisation est un choix stratégique pour les Emirats et les Israéliens qui sont en train de bâtir un partenariat multisectoriel, avec des accords dans les hautes technologies, l'agriculture, l'énergie, l'industrie d'armement et même le cinéma.

En mars dernier, Abou Dhabi a annoncé le lancement d'un fonds d'investissement de 10 milliards de dollars destiné à des secteurs stratégiques israéliens. On sait aussi que l'opérateur émirati DP WORLD, l'un des leaders mondiaux des plateformes portuaires, a fait une offre pour reprendre le port de Haïfa, dans le cadre d'une privatisation. Les deux pays sont désormais relier par des dessertes aériennes quotidiennes.

Et puis, il y a des intérêts stratégiques régionaux en jeu. Israël comme les Emirats partagent la même crainte de l'Iran, qui selon eux est une menace pour la stabilité régionale.

Bref, entre Emiratis et Israéliens, ce n'est pas forcément un mariage d'amour, mais plutôt une union raisonnée, fondée sur une vision et des intérêts stratégiques communs.

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