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En Australie, le coronavirus fait annuler un concert de soutien aux victimes des incendies

Ce concert prévu à Melbourne n'aura pas lieu, alors que les incendies sont enfin terminés depuis quelques jours après avoir ravagé le pays.

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Un concert en soutien aux victimes des incendies australiens, à Sydney, le 16 février 2020.
Un concert en soutien aux victimes des incendies australiens, à Sydney, le 16 février 2020. (PETER PARKS / AFP)

Le World Tour Bushfire Relief Charity Concert, c’est son nom, était prévu vendredi 13 mars au Stadium Lakeside de Melbourne. Il s’agissait de collecter des fonds pour toutes les victimes des incendies : les personnes, la faune, la flore. Le coronavirus vient de contraindre les organisateurs à tout annuler. L’Australie est relativement épargnée par l’épidémie pour l’instant : 100 cas répertoriés mardi 10 mars, dont 3 morts. Mais les producteurs de l’événement préfèrent ne prendre aucun risque. De toute façon, la tête d’affiche du concert, l’Américaine Miley Cyrus, grosse vedette en Australie, a annoncé lundi 9 mars qu’elle renonçait à venir, par mesure de précaution pour toute son équipe. Les autres stars de la soirée, notamment le rappeur Lil Nas, ont donc été priés de rester chez eux. Plusieurs artistes, comme Ziggy Marley, ou le ballet de Shanghaï viennent également d’annuler leur venue en Australie.  

L'équivalent d'un cinquième de la France détruit par les flammes

Ça tombe mal pour un pays qui tourne à peine la page des incendies. Même si plus personne n’en parle en France depuis des semaines, les feux ont continué jusqu’à début mars lorsque le dernier incendie a été maîtrisé dans la province la plus touchée, la Nouvelle Galles du Sud, la région de Sydney. L’été s’achève là-bas et donc les températures redescendent enfin, 20 degrés en journée. Le bilan définitif est vertigineux : 240 jours consécutifs de feux de forêt. Plus de 12 millions d’hectares de forêt détruits. C’est l’équivalent de 20% du territoire de la France métropolitaine. Et d'un cinquième aussi de la totalité des forêts australiennes.  

Le bilan humain est élevé : 33 morts. Et les dégâts sont considérables, évalués à plusieurs milliards d'euros. L’aide des assurances et de l’Etat ne suffira pas à sauver de nombreuses exploitations qui ont tout perdu.  

Un milliard d'animaux morts brûlés

Pour la faune et la flore, c’est encore pire : c’est un cataclysme. Et ce concert du 13 mars visait prioritairement à lever des fonds pour la faune et la flore. Un milliard d’animaux ont péri dans les flammes. 113 espèces sont désormais menacées de disparition, comme l’oiseau lyre ou l’opossum nain. Sans oublier l’emblème de l’Australie qu’est le koala. Le problème, c’est que les autorités ne savent même pas quoi faire des animaux qui ont été sauvés des flammes : pour survivre, il faudrait qu’ils regagnent leur habitat naturel, mais cet habitat n’existe plus. Même les eucalyptus, qui repoussent très vite, ne vont pas réapparaître de sitôt. Des centaines d’espèce de plantes rares ont également disparu. Donc relâcher les animaux, par exemple les koalas qui ont été soignés, ce serait les envoyer à la mort : pas de nourriture, pas d’abri. Pendant ce temps, le gouvernement australien continue de nier le réchauffement climatique et repousse la mise en œuvre d’une politique de réduction des gaz polluants.

Un concert en soutien aux victimes des incendies australiens, à Sydney, le 16 février 2020.
Un concert en soutien aux victimes des incendies australiens, à Sydney, le 16 février 2020. (PETER PARKS / AFP)