Un monde d'avance, France info

En Afrique du Sud, l'économie est en chute libre avec le confinement

À cause de la crise économique liée au Covid-19, l'impact de l'arrêt des activités est énorme dans le grand pays du sud du continent. Le produit intérieur brut a chuté de 51% au deuxième trimestre.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Une distribution de nourriture organisée par une organisation caritative, à Johannesburg (Afrique du Sud), le 12 mai 2020.
Une distribution de nourriture organisée par une organisation caritative, à Johannesburg (Afrique du Sud), le 12 mai 2020. (MARCO LONGARI / AFP)

C’est absolument vertigineux. Moins 51%, ça veut dire que la création de richesse a été divisée par deux entre avril et juin. Autant dire que la plus grande économie d’Afrique, avec le Nigeria, est au plus mal. C’est une chute sans précédent depuis 90 ans. Pour donner un ordre de comparaison : même aux États-Unis, où le plongeon est également spectaculaire, le recul, sur la même période avril-juin, ne s’est élevé qu’à 32%. En France, c'est un peu moins de 14%.

Cette chute colossale concerne quasiment tous les secteurs. En particulier les mines, l’une des principales ressources du pays (l’or, l’argent, le platine, le charbon) : l’activité s’est contractée de 73%. C’est catastrophique également dans le tourisme : les hôtels, les restaurants sont vides. Le recul est officiellement évalué à près de 100%. Autrement dit, activité zéro. Dans une moindre mesure, la construction, l’industrie, les finances, ont reculé aussi de plus de 30%. Seule l’agriculture a maintenu son activité. Bref, le géant sud-africain est au fond du trou.  

Le pays africain le plus touché par le virus

C'est la conséquence d'un confinement très strict : le président Ramaphosa a imposé des mesures drastiques dès la fin mars. Quasiment toute l’économie s’est donc arrêtée, et cela a permis dans un premier temps d’enrayer effectivement la propagation du virus. Début juin, le pays ne comptait que 800 morts. Mais à partir de juin, il a bien fallu relancer un peu la machine, parce qu’une grande partie de la population n’avait plus aucune ressource.

Conséquence : l’épidémie a pris de l’ampleur. Le pays compte aujourd’hui près de 650 000 cas et plus de 15 000 morts. C’est le pays africain le plus touché. La pandémie ne donne pas de signe de ralentissement. L’Afrique du Sud, c’est donc l’exemple type d’une quadrature du cercle, du dilemme entre confinement et impératif économique.

30% de chômage dans la population

Ce plongeon se produit alors le pays allait déjà mal avant le confinement. L’Afrique du Sud et ses 57 millions d’habitants, reste d’abord l’un des pays les plus inégalitaires au monde. Trentre ans après la fin de l’Apartheid, les différences de niveau de vie restent colossales, et les fondements structurels de l’économie sont tous inquiétants.

Le chômage touche au moins de 30% de la population. Plus de la moitié des Sud-Africains vivent sous le seuil de pauvreté. L’endettement grimpe et les recettes fiscales chutent. Les services publics fonctionnent mal : le pire, c’est l’électricité, avec des coupures très fréquentes et un parc vieillissant. Enfin, la corruption ronge de nombreuses entreprises. Le président Ramaphosa a beau promettre un grand rebond, "la construction d’une nouvelle économie", via notamment de grands projets d’infrastucture, on a du mal à imaginer comment l’Afrique du Sud peut se remettre d’une situation aussi compliquée.    

Une distribution de nourriture organisée par une organisation caritative, à Johannesburg (Afrique du Sud), le 12 mai 2020.
Une distribution de nourriture organisée par une organisation caritative, à Johannesburg (Afrique du Sud), le 12 mai 2020. (MARCO LONGARI / AFP)