Au Nigeria, les 12 travaux du président Bola Tinubu qui vient de prêter serment

Lors de son investiture, lundi, le nouveau président a promis de remettre la première économie africaine sur les rails alors que le pays, pourtant riche en pétrole, s'enfonce dans le marasme.
Article rédigé par franceinfo, Christian Chesnot
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Le président nigérian Bola Tinubu lors de son investiture à Abuja, au Nigeria, le 29 mai 2023. (KOLA SULAIMON / AFP)

Trois mois après son élection, Bola Tinubu a prêté officiellement serment, lundi 29 mai, à Abuja pour devenir le nouveau président du Nigéria. Un mandat qui ressemble à une mission impossible tant son pays, le plus peuplé d'Afrique avec plus de 215 millions d'habitants, semble à la dérive sur tous les plans.

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À 71 ans, Bola Tinubu, vieux routier de la politique locale et multimillionnaire, devra d'abord combler un handicap de légitimité. Il a été mal élu. Lors de la présidentielle de février dernier, près des trois quarts de électeurs se sont abstenus. Sur les 93 millions d'inscrits, il a recueilli à peine 9 millions de voix. Les jeunes, majoritaires, ont voté pour les candidats d’opposition qui ont dénoncé des fraudes massives et déposé des recours en justice. Face au nouveau président, dont la santé suscite régulièrement des interrogations, se dresse une montagne vertigineuse de problèmes et de crises.


Le dossier sécuritaire est le plus urgent pour le nouveau président. Le pays est gangréné par la violence. Pas un jour ne se passe sans attaques de groupes criminels, de jihadistes ou de séparatistes. Les enlèvements, individuel ou de masse, sont monnaie courante. Dans les campagnes, des rivalités pour les terres agricoles entre agriculteurs et éleveurs dégénèrent souvent en affrontements meurtriers. Dans les villes, les gangs font la loi. La police et les forces de sécurité sont complètement débordées. Elles sont mal équipées, en sous-effectif, et en plus, régulièrement accusées de violer les droits de l'homme. Pendant sa campagne, Bola Tinubu a promis de développer un appareil sécuritaire robuste et efficace. En tout cas, c'est le préalable incontournable pour espérer s'attaquer à une situation économique et sociale qui devient hors de contrôle.

Le paradoxe d’un pays riche 

Le Nigéria est le premier producteur de pétrole du continent africain. Un brut qu'il exporte et qui lui rapporte des milliards de dollars, mais faute d'infrastructures de raffinage, il doit importer son carburant qu'il subventionne. Cette mauvaise gestion énergétique, couplée à une corruption endémique, a entraîné une explosion de la dette mais aussi de la pauvreté qui touche près de la moitié de la population. Bref, l'urgence pour Bola Tinubu, c'est de renflouer les caisses de l'État et de relancer l'économie nationale, sous peine d'avoir à affronter au cours de son mandat la colère des gens, qui sont en mode survie. 

Le nouveau président, qu'on dit plus ouvert au business que son prédécesseur, devra aller vite. Il a deux mois pour former son gouvernement. La composition du cabinet sera l'occasion d'envoyer un signal fort de sa volonté de redresser le Nigeria... ou pas !

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