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Au Japon, le plus grand champion de sumo est atteint du Covid-19 et le pays s'inquiète

Le pays d'Extrême Orient a été peu touché par le coronavirus jusqu’à présent mais la situation se dégrade depuis début décembre. La contamination du grand maître du sumo, la lutte traditionnelle japonaise, a donc valeur de symbole.

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Hakuho, star japonaise du sumo, le 6 janvier 2017 à Tokyo. Photo d\'illustration.
Hakuho, star japonaise du sumo, le 6 janvier 2017 à Tokyo. Photo d'illustration. (BEHROUZ MEHRI / AFP)

Hakuho, c’est son nom, a perdu l’odorat lundi 4 janvier au matin. Il a donc fait un dépistage pour le Covid-19. Le résultat est positif, et voici donc l’un des symboles du Japon en quarantaine. Le sumo, c’est ce sport traditionnel japonais, qui ressemble un peu à la lutte, et qui est entouré de beaucoup de rituels. Il s'agit d'un emblème national. Tout le monde est donc au courant de la maladie du champion.

Hakuho a 35 ans, il est d’origine mongole par son père qui a été médaillé olympique en lutte en 1968, et a adopté la nationalité japonaise il y a un an et demi. C'est une star du sumo :  il vient d’enchainer 44 victoires. Il possède donc le rang suprême de yokozuna, un titre qu’il s’apprêtait à remettre en jeu lors du grand tournoi du Nouvel An à Tokyo qui démarre dimanche 10 janvier. Evidemment, sa participation n’est désormais plus d’actualité, et les membres de son club, de sa confrérie, doivent tous passer des tests, même si pour l’instant le tournoi en question n’est pas remis en cause.  

Un doute sur les Jeux olympiques

Les responsables de la fédération de sumo semblent quand même inquiets parce que ce sport de contact est particulièrement touché par la maladie. Les contacts sont évidemment un vecteur de transmission. En mai dernier, un jeune sumotori de 28 ans, Shobushi est mort du virus. Son état s’était dégradé très rapidement en l’espace de quelques jours. Depuis fin décembre, 11 autres lutteurs ont été testés positifs : tous membres de la même confrérie, mais pas celle du champion Hakuho. Un arbitre a également contracté le virus. Plus de 1 000 sumotori ont subi des tests ces derniers mois.

En mai dernier, un tournoi a dû être annulé. Le sumo est le sport le plus touché au Japon, et même si ce n’est pas une discipline olympique, cette situation soulève des inquiétudes sur l’organisation des JO de Tokyo, qui sont censés démarrer le 23 juillet, dans 198 jours, après avoir été reportés d’un an. D’ailleurs, les deux tiers des Japonais se disent désormais favorables à un nouveau report ou à une annulation pure et simple des Jeux.    

Pas de vaccination avant fin février

La situation ne cesse se dégrader dans le pays. Le Japon a été relativement épargné jusqu’à présent, il compte seulement 3 600 morts et 249 000 cas. C’est peu pour une population de 126 millions d’habitants. Mais depuis un mois, cela se détériore de jour en jour, avec un nouveau record de contamination mardi 5 janvier : près de 4 900 nouveaux cas dans la journée. Les hôpitaux des principales villes commencent à afficher complet, en particulier à Tokyo.

La controverse politique prend de l’ampleur. Le nouveau premier ministre Yoshihide Suga est critiqué pour son manque de réactivité. Il est désormais question d’instaurer l’état d’urgence dans la région de Tokyo et d’inciter les habitants à rester chez eux. Quant à la vaccination, elle ne devrait pas débuter au Japon avant la fin février !    

Hakuho, star japonaise du sumo, le 6 janvier 2017 à Tokyo. Photo d\'illustration.
Hakuho, star japonaise du sumo, le 6 janvier 2017 à Tokyo. Photo d'illustration. (BEHROUZ MEHRI / AFP)